National

Un tanker battant pavillon grec attaqué au large du port de Lomé

Un navire battant pavillon grec a été attaqué lundi matin dans les eaux togolaises par des individus armés faisant un blessé et quatre otages.

L’attaque a eu lieu à 3h du matin ce lundi 4 novembre contre le tanker Elka Aristotle battant pavillon grec dans les eaux togolaises à environ 18 km du port autonome de Lomé par des individus armés.

Selon le communiqué de la préfecture maritime, la garde armée qui avait été embarquée à bord du navire a tenté de repousser l’attaque. Un membre de cette garde est blessé et les brigands ont réussi à s’enfuir en prenant en otage quatre membres d’équipage dont deux Philippins, un Grec et un Géorgien.

La marine togolaise alertée a dépêché immédiatement un patrouilleur et une vedette rapide sur zone à la recherche des brigands et des personnes kidnappées.

Un aéronef de l’armée togolaise appuyé par un autre aéronef français, présents dans les eaux pour un exercice militaire, ont survolé la zone toute la matinée. Les brigands auraient pris la fuite en direction de la Préfecture ouest, indique toujours le communiqué.

Une réunion de crise a eu lieu à la mi-journée ce lundi à la préfecture maritime.

Déjà samedi, et tout proche de Lomé, un cargo battant pavillon norvégien, a été attaqué dans la zone de mouillage du port de Cotonou, par des pirates armés, qui ont emmené avec eux à bord de leur vedette très rapide, neuf marins philippins, tous membres de l’équipage du navire. Selon une source proche de l’enquête, les ravisseurs s’exprimaient tous en anglais. Depuis, aucune trace des ravisseurs et aucune nouvelle des otages.

D’après un récent rapport du Bureau maritime international (BMI) publié le 15 octobre dernier, au cours des neuf premiers mois de l’année, 119 incidents de piraterie et de vol à main armée sur des navires ont été signalés à travers le monde (contre 156 à la même période en 2018). Le golfe de Guinée a été le principal théâtre des opérations.

« Le golfe de Guinée reste une zone à haut risque de piraterie et de vol à main armée. La région représente 86 % des équipages pris en otage et près de 82 % des enlèvements d’équipages dans le monde », constate l’organisation qui cite les récentes attaques d’un vraquier et d’un cargo entre au Cameroun et au Nigeria, en juillet et en août dernier.

Selon le BMI, le port d’Apapa à Lagos a enregistré 11 incidents en 2019, le nombre le plus élevé de tous les ports du monde. Globalement, le Bureau constate toutefois une baisse de la piraterie maritime dans les eaux nigérianes au cours des trois premiers trimestres, passant de 41 à 29 incidents.

« Bien que les incidents soient en baisse, le golfe de Guinée reste un sujet de préoccupation pour la piraterie et les activités liées aux vols à main armée ; les enlèvements de membres d’équipage augmentant en fréquence et en ampleur », a déclaré Pottengal Mukundan, le directeur du BMI.

« Il est important que les capitaines de navire et les armateurs continuent de signaler tous les incidents réels, tentés ou présumés, afin de donner une image précise de ces attaques et de prendre des mesures contre ces criminels avant que les incidents ne dégénèrent. »

Le BMI constate par ailleurs qu’aucun incident lié à la piraterie n’a été enregistré en Somalie pour les neuf premiers mois de 2019. « Bien qu’aucun incident n’ait été signalé, les pirates somaliens continuent de posséder la capacité de mener des attaques dans le bassin somalien et le vaste océan Indien. En conséquence, le BMI recommande aux armateurs de rester prudents lors de la traversée de ces eaux. »

Le Bureau maritime international est un département spécialisé de la Chambre de commerce internationale. Il a pour mission de lutter contre les crimes liés au commerce et au transport maritimes, en particulier la piraterie et la fraude commerciale.

Cogetra
Source
RFIAgence Ecofin
Afficher plus

Articles similaires

Fermer