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Transfert de fonds de la diaspora togolaise : 260 milliards F.CFA envoyés en 2018

La Banque mondiale vient de publier son Rapport 2018, sur les envois de fonds des diasporas africaines, vers leur pays d’origine. Comme dans le rapport 2017, la diaspora togolaise continue d’être l’une des plus dynamiques du continent, avec quelques 500 millions de Dollars, envoyés au pays l’année dernière.

Ce montant représenterait, selon la Banque, 8,5% du PIB, faisant également du Togo, l’un des pays ayant le plus fort ratio en Afrique subsaharienne, devant des pays comme le Nigeria ou le Ghana.

Les envois de fonds plus importants que l’APD et les IDE

Au Togo, les transferts de fonds de la diaspora, désormais plus importants que l’Aide publique au développement (APD) et les Investissements directs étrangers (IDE), sont devenus la principale source extérieure de financement, selon des statistiques officielles de 2017. S’ils sont  encore « en réalité » sous-estimés, en raison des flux informels, ils constituent une précieuse manne financière sans contrepartie, coup de pouce à une économie dominée surtout par la consommation. Et leur orientation, en est un exemple palpable.

Dans une cartographie  de 2017, et publiée mi-2018 par Lomé appuyé par le PNUD,  le constat ne se dément pas : 53 % des transferts globaux, sont orientés vers l’assistance  des familles restées au pays.  L’importance des transferts concentrés sur les secteurs « alimentaires », de la santé et de l’éducation est révélatrice de leur contribution au développement humain du pays. Mais, toujours au regard des études de l’institution de Washington, ils pourraient mieux contribuer à la croissance inclusive. Injecter une partie de ces fonds dans des projets communautaires ou porteurs, pourrait ainsi créer un cercle vertueux, générant des milliers d’emplois.

Une feuille de route pour la diaspora

A  l’heure où le Plan national de développement (PND) fait appel à la diaspora, Lomé saisit la balle au rebond. Une feuille de route pour les Togolais de l’extérieur vient d’être officiellement dévoilée par le ministère de tutelle. Elle vise, « à assurer une meilleure organisation de la diaspora togolaise en vue de sa plus adéquate implication dans le efforts de développement du pays », a expliqué Robert Dussey.

Sa mise en œuvre devrait permettre « de mobiliser les investissements, les compétences et le savoir-faire des Togolais de l’extérieur, de mettre en œuvre un programme de coréalisation des projets de développement local dans les régions d’origine des migrants, tout en développant, parallèlement, un projet de volontariat solidaire pour le développement ».  Une réponse à l’une des problématiques des transferts de fonds. Mais l’autre principal défi reste entier : le coût parfois prohibitif de certains corridors, surtout africains, est encore un goulot d’étranglement. Sans doute, entre défis et opportunités pour la Fintech en Afrique au regard des perspectives.

Le Nigeria, le géant, pas que de l’Est

Pour rappel, en Afrique subsaharienne, les fonds envoyés par la diaspora en direction de la sous-région ont atteint 46 milliards de dollars en 2018, un record et une hausse de 9,6% par rapport à 2017 où le montant des transferts a été de 42 milliards de dollars.

Le Nigeria à lui seul, reçoit plus de la moitié de cette manne financière, soit 24,3 milliards $. Ses dauphins Ghanéens et kenyans, respectivement 3,8 milliards et 2,7 milliards, sont encore « bien très » loin de rivaliser. Dans l’Uemoa, Sénégalais, Maliens et Togolais partagent le podium.

Fiacre E. Kakpo

Cogetra
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