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Etat des activités au Port de Lomé en 2016

Depuis l’entrée en vigueur au Togo, du Règlement N° 14 de l’Uemoa, imposant des normes et procédures de contrôle de gabarit, de poids, et de charge à l’essieu, aux véhicules lourds de transport de marchandises, le Port de Lomé doit faire face à une baisse de régime, conséquence d’une baisse générale des activités en 2016. Ceci, malgré ses avantages stratégiques par rapport aux autres ports de la sous-région, et les énormes investissements consentis ces cinq dernières années.

Avec des investissements dans les infrastructures portuaires togolaises, qui ont atteint le cap des 700 milliards FCFA, environ 50% des financements globaux sur le pays, ces cinq dernières années, et qui ont permis d’atteindre une hausse des activités de 66% en 2015, avec environ 1.399 navires accostés, en 2016, l’on note une baisse des activités au Port de Lomé. Ainsi, plusieurs  de ses utilisateurs, dont les grands transporteurs étrangers, surtout des pays de l’hinterland, dont le Burkina, le Niger et le Mali, y ont réduit leurs activités. En cause, l’application trop stricte de la nouvelle réglementation communautaire, limitant leurs chargements à 51 tonnes maximum, le poids total autorisé en charge (PTAC), devenu un manque à gagner pour eux, alors que dans le même temps, plusieurs pays de la sous-région, sont moins restrictifs. Une situation qui a amené nombre d’entre eux, y compris de gros importateurs de région, à se tourner vers d’autres ports, dont ceux d’Abidjan en Côte d’Ivoire, de Téma au Ghana, et de Cotonou au Bénin. Une désaffection et une baisse de régime, confirmées par les derniers chiffres de la Direction de l’économie. Il en est ainsi, de l’activité de transbordement, qui a diminué de 15,2% en juillet 2016, par rapport au mois de juin, des exportations et des importations qui elles, ont connu un recul de 26,7%, et 18,1%. Mieux, l’on note un recule caractéristique du trafic des conteneurs entre 2015-2016. Ainsi, ce trafic qui a connu une baisse généralisée de 2%, est passé de 113.274.000 en 2015 à 110.695.000 en 2016. Cet écart, est plus considérable avec une baisse, qui a atteint les 8% entre 2014-2016. De quoi ouvrir une réflexion sur la situation, et trouver rapidement des solutions, susceptibles de relancer les trafics portuaires, pour maintenir la compétitivité du Port de Lomé, dont l’ambition est de s’affirmer comme une plateforme de transbordement régional. Un défi que s’est lancé, la 4ème conférence maritime du Togo. En effet, cette conférence devrait relever le défi d’une meilleure compétitivité du Port de Lomé dans une sous-région, ou la concurrence est de plus en plus présente. Ceci en mettant en place, de nouvelles reformes devant valoriser les différents atouts du Port de Lomé.

Quelques atouts sur lesquels capitaliser :

Idéalement situé, Lomé dispose aussi du seul port naturel en eau profonde de la région Afrique de l’Ouest et Afrique Centrale, situé sur une superficie de plus de 900ha, avec un tirant d’eau compris entre 15 et 16 mètres. Une position aussi qui lui permet de « jouer le rôle de plateforme de transbordement » de toute l’Afrique de l’Ouest. A cela, vient s’ajouter, l’engagement à ses côtés, de grands groupes internationaux, dans le transport maritime et la manutention portuaire. C’est le cas par exemple, de la Méditéranean Shipping Company, numéro deux mondial du transport maritime, qui s’est déjà engagée comme principal client utilisateur du terminal LCT, le quatrième quai dont dispose Lomé-Port. Déjà il est annoncé, la mise en ligne sur la côte ouest-africaine, avec Lomé comme Port de transbordement, du plus gros navire de desserte de la région, d’une capacité de 8.500 conteneurs, pour la liaison entre l’Asie et l’Afrique. Un autre partenariat, pas des moindres qui devrait propulser le secteur, celui avec le Port d’Alexandrie, l’un des plus grands port de l’Afrique et du Moyen Orient. Une révolution donc dans le secteur et dans la région, venant conforter la nouvelle place de Lomé, qui ambitionne de devenir, le premier hub du trafic maritime de la côte ouest africaine. De quoi aussi conforter le Groupe Bolloré, dans son ambition de capter tout ce trafic, à destination des pays de l’inter-land, à travers son projet de « Boucle ferroviaire Lomé-Cotonou-Ouaga, Niamey-Abidjan ». Sauf qu’Abidjan et les autres ports en compétition, n’ont pas encore dit leur dernier mot.

Cogetra
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