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Togo : Secteur énergétique, la difficile marche vers les énergies renouvelables

Avec la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable, le Togo s’est également engagé, à améliorer sa politique énergétique en faveur des couches vulnérables, et à promouvoir les énergies renouvelables, en vue d’accélérer  le développement socioéconomique des populations, surtout celles en milieu rural. Si en ce sens, des efforts sont faits, les défis restent de taille.

Le Togo dans sa marche vers les énergies renouvelables

Avec la mise en œuvre de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Promotion de l’Emploi (SCAPE), le Togo dispose depuis 2013, d’une politique d’action et de promotion de l’énergie renouvelable, et de lutte contre la pauvreté.

Une politique qui vise l’atteinte d’objectifs précis, en termes de développement des énergies renouvelables, et d’efficacité énergétique ; mais qui pour l’heure, reste confronté à des difficultés. D’où la nécessité de redynamiser le secteur, et d’accélérer la mise en œuvre des politiques en matière d’énergie propre.

Un nouvel élan avec la mise en œuvre des ODD

En août  2015, pour se mettre en phase avec les objectifs de développement durable des Nations Unies, en termes de promotion de l’énergie renouvelable, et de lutte contre la pauvreté, surtout dans les milieux ruraux, il a été adopté un Plan d’action des énergies renouvelables.

Dénommé « Energie renouvelable pour tous », ce plan devrait permettre, de pallier aux besoins énergétiques du pays, et de réduire l’utilisation des énergies fossiles, en portant la part des énergies renouvelables à 331 Mégawatts.

Ceci, à travers la valorisation de 22 sites hydroélectriques, et la mise en valeur du potentiel solaire du pays.

Pour Ably Bidamon, Ministre des Mines et de l’Energie, « il s’agit de trouver un ensemble de moyens, pour satisfaire les besoins des populations, en énergie sans compromettre notre avenir commun ».

Mais déjà en 2011, des initiatives similaires avaient été engagées par le Togo, avec  la société Grealeaf Global, pour la production du biodiesel, avec 70% de la production destinée à l’exportation, et 30% au marché local.

En septembre 2012, une convention de concession de 22 ans, avait été signée, pour la construction et l’exploitation d’un parc éolien de 25,2 Mégawatts, dans la préfecture de Zio, avec la société Delta Wind-Togo sa.

Dans cette logique, et surtout pour permettre au Togo, d’augmenter sa production en énergie solaire, l’Assemblée Nationale va adopter en début de mois, le projet de loi autorisant la ratification de l’accord cadre portant création de l’ASI (Alliance Solaire Internationale).

Une initiative qui devrait permettre aux pays membres, dont le Togo, de mobiliser à l’horizon 2030, plus de 1000 millions de dollars Us, soit 600.000 milliards FCFA, pour financer le développement de l’énergie solaire.

Mais bien avant, des ouvrages intégrant l’utilisation des énergies renouvelables, ont été mis en place dans les préfectures de l’Ogou et de Blitta, pour permettre selon les acteurs, d’assurer à un millier de ménages, l’accès à l’électricité à coût réduit.

Apports des partenaires au développement dans la promotion des énergies renouvelables

Dans sa marche vers les énergies renouvelables, le Togo a toujours bénéficié de l’appui des partenaires au développement, entre autres, le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), la BAD (Banque Africaine de Développement), la BOAD (Banque Ouest Africaine de Développement), l’Union Européenne et  la Banque Mondiale.

Ainsi, le Projet d’Urgence de Réhabilitation des Infrastructures et des Services Electriques (PURISE), financé à hauteur de 20 milliards FCFA par la Banque Mondiale, a permis la construction de 25 postes de transformateurs énergétiques, la distribution de plus de 400.000 lampes fluorescentes compactes (FLC), et le raccordement de plus de 12.500 foyers.

Autre partenaire, la BAD, qui intervient également dans la subvention et l’accompagnement des recherches scientifiques dans le domaine. C’est le cas du projet CIZO, un projet lancé en 2017, pour renforcer les capacités et la mise en œuvre des services nécessaires au déploiement de kits solaires, à grande échelle, qui également bénéficie de l’accompagnement de l’institution, à hauteur de 950.000 de dollars.

Mais, bien avant octobre 2016, c’était la BOAD, qui annonçait la mise en place d’un financement de 20,2 milliards FCFA, dont 6 milliards FCFA sur fonds propres, et 14,2 milliards FCFA du FED (Fonds Européen pour le Développement), pour accroitre l’accès du Togo aux énergies renouvelables.

Mais malgré toutes ces initiatives, visant à valoriser le potentiel solaire du pays, et à assurer une autosuffisance énergétique pour tous, le Togo doit faire face à de réels défis.

Des difficultés toujours persistantes

Malgré les efforts engagés par le Togo dans la  promotion des énergies renouvelables, on est encore bien loin des objectifs fixés par la SCAPE, celui de porter le tarif moyen d’électricité basse tension, de 100 FCFA le KWH en 2010, à 56 FCFA le KWH, la moyenne subsaharienne, et de faciliter l’accès des populations, même les plus éloignées de la capitale, et les plus démunies, à l’électricité.

Aujourd’hui, si le taux d’électrification des ménages a sensiblement augmenté, passant de 15% en 2010, à 28 en 2014, pour aujourd’hui dépasser les 30%, il faut dire que beaucoup d’efforts restent à faire

Au nombre des efforts à faire, arriver à relever le défi de la forte dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur, estimée à près de 80%, soit une estimation en 2013, de 1286 GWH, avec un déficit énergétique de l’ordre de 180 MGW, qui pourrait vite hypothéquer son rêve de croissance et de développement.

Outre ces difficultés, le problème de stockage des énergies renouvelables, le manque d’entretien des infrastructures existantes, et « l’absence d’investissement et de restructuration sur la chaîne de valeurs de l’électricité, dominée par le secteur public », qui pourrait également annihiler les efforts engagés.

Cogetra
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