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Togo, secteur du tourisme : Un forum pour faire du tourisme un moteur de développement

Le Togo, malgré ses potentiels, est loin d’être la destination touristique première dans la sous-région ouest africaine. Pour y remédier, et améliorer la participation de ce secteur au développement du pays, les autorités locales ont décidé d’y impliquer les acteurs privés. Un forum réunit dans ce sens, depuis ce mardi à Lomé, à l’initiative du ministère de la Culture, du Tourisme et des Loisirs, des opérateurs privés du tourisme et des secteurs connexes, sur leurs rôle afin d’améliorer la contribution du secteur touristique à l’atteinte des objectifs du Plan National de Développement (PND).  

Avec 303.000 touristes accueillis en 2015, pour 119 milliards de FCFA générés, le Togo est loin d’être la destination touristique première dans la sous-région ouest-africaine. Mais, ce secteur national a pourtant bien des atouts, pour contribuer davantage au développement du pays, pour peu que l’industrie nationale du tourisme soit repensée, avec un accompagnement à la hauteur.

Des infrastructures insuffisantes malgré les potentialités

Le Togo, pays côtier, dispose de nombreuses potentialités qui devraient, en principe, faire de son tourisme, un secteur à forte connectivité avec d’autres secteurs, tels que l’hôtellerie, les télécommunications, l’aéroportuaire et les transports en général. On note en exemple, une variété de paysages, notamment la plage, les lacs, les fleuves, les forêts classées, les cascades, et les savanes dont certains sont érigés en parcs nationaux.

Par ailleurs, le Togo peut également se prévaloir de sa diversité culturelle, notamment les traditions, l’art et l’artisanat, le patrimoine historique et ses habitats typiques – dont le Koutammakou, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO- pour promouvoir un secteur resté en berne depuis 1990.  Autant de facteurs pouvant développer et promouvoir le tourisme balnéaire, le tourisme culturel, et l’écotourisme.

A cela, s’ajoute la série de mesures prises ces dernières années par Lomé, et qui peinent pour l’heure à produire les résultats escomptés. On cite la modernisation du Port autonome de Lomé, de l’Aéroport international Gnassingbé Eyadèma, et celui de Niamtougou (dans le nord du pays), dont les travaux de rénovation ont démarré en avril 2016.

La rénovation de l’ex «Hôtel 2 février» et son exploitation sous la marque Radisson Blu, est sans doute le symbole de ce «renouveau», et surtout le fleuron de l’hôtellerie togolaise. Cet immeuble d’une trentaine d’étages – qui a été dans les années 80, le principal centre d’intérêt du tourisme d’affaires du pays- attire de nouveau les regards de plusieurs étrangers, touristes ou non.

Toutefois, selon un rapport publié en 2016 par «Colliers International» (multinationale canadienne spécialisée dans l’industrie hôtelière) sur l’industrie du tourisme au Togo, le pays manque encore d’infrastructures de qualité. Même si la capitale Lomé est stable et plutôt sûre, précise-t-il. D’ailleurs, le Togo dispose d’un parc hôtelier limité, et l’absence d’une classification claire des hôtels existants, reste un frein à l’activité. Et leur forte concentration à Lomé, n’est que de nature à limiter le tourisme d’intérieur et de loisirs. Un manque à gagner.

Quid d’une volonté politique…

Bien qu’inscrit parmi les secteurs porteurs de croissance dans la SCAPE, le secteur du tourisme peine à retrouver ses lettres de noblesse, dans une sous-région dont l’activité, en général, est en baisse pour raison de terrorisme. Mais si la Côte d’ivoire, après le repli dû à la crise politique de 2011, et l’épisode terroriste de Grand-Bassam, a su redresser une activité qui pèse aujourd’hui 7,5% dans son PIB national, contre 0,6% cinq années plus tôt, c’est dire que Lomé n’a pas de raisons pour ne pas faire mieux.

En effet, le développement du tourisme est une opportunité de création de richesses, pour des économies fragiles comme le Togo. «La dotation géographique et culturelle du Togo, devrait permettre au pays, d’engranger des devises et réduire le chômage», explique Dr Kwami Ossadjifo Wonyra, Président de «l’Association Rethinking Development», soulignant «qu’il faut d’abord des préalables.

«Il s’agit des services de télécommunications à obédience de services universels, la sécurité, des services touristiques performants, et une hôtellerie de qualité», cite Wonyra. Un dernier point d’ailleurs sur lequel le nouveau ministre, Ihou compte travailler. «(…) le tourisme est par excellence un secteur de services, et par voie de conséquence, exige à tous les niveaux, des prestations de grande qualité», a-t-il fait remarquer, au détour d’une réunion de prise de contact, de sensibilisation, d’informations et d’échanges avec des professionnels togolais du tourisme. Et de poursuivre: «La qualité est une mesure indispensable pour faire de notre tourisme, un facteur de développement dans un monde de plus en plus globalisé et ouvert à une rude concurrence».

Mais, cette prestation de qualité devra passer par le dynamisme du personnel, dont le faible niveau de formation influe négativement sur la qualité des services offerts. Par ailleurs, l’activité touristique souffre encore de l’insuffisance d’un réseau routier adéquat, devant désenclaver les zones touristiques de l’intérieur, et faciliter leur accès pour le développement du tourisme domestique.

L’insuffisance et surtout la cherté des dessertes aériennes, sont quant à elles, des facteurs qui limitent le tourisme étranger. Aussi, le pays devra-t-il instaurer un mécanisme de financement du secteur, quitte à mettre à en place un fonds d’investissements touristiques, destiné à accorder des crédits à long terme aux acteurs. Les multiples difficultés que connaît ce domaine d’activités, constituent un facteur limitatif majeur de sa contribution, attendue au PIB national, justifie le nouveau ministre.

Cogetra
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