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Togo protection et sauvegarde de l’espace maritime : Entre diplomatie et fermeté

S’il n’échappe plus à personne, que le golfe de Guinée, zone maritime ouest-africaine, en partage par plusieurs pays de la sous-région, dont le Nigéria, le Bénin, le Togo et le Ghana, est potentiellement riche en pétrole et gaz naturel, au fil des années, les ambitions et appétits des uns et des autres se sont aiguisés, pour des intérêts évidents, au point de raviver aujourd’hui, des tensions latentes.

C’est souvent le cas avec les frontières terrestres et maritimes, héritages de la colonisation, pour la plupart aux tracés imprécis, et qui à l’occasion de découvertes de ressources minières dans les zones de délimitation, ont vite fait d’opposer des Etats voisins, vivant jusque là en bonne entente.

Ainsi, pour protéger et sauvegarder son espace maritime, avec la multiplication des conflits dans la région, le Togo va à partir de 2012, prendre une série de dispositions, à la fois de réglementation, de sûreté, et de sécurité, concernant son territoire maritime. Comme quoi, primauté doit rester aux intérêts nationaux.

 La naissance d’un Haut Conseil pour la Mer (HCM). 

Mis en place en septembre 2014, le Haut Conseil pour la Mer (HCM) a pour mission, d’organiser et de coordonner, les services qui ont compétence sur le domaine maritime du Togo, et sur les questions de sureté et de sécurité maritimes, environnementales et économiques.

En ce sens, plusieurs organes d’appui et de gestion de la nouvelle stratégie nationale maritime pour le littoral et la mer, ont été créés. Des orientations ont été définies, des textes législatifs et réglementaires élaborés et adoptés.

Tout ceci, pour une gestion et une protection efficientes de l’espace maritime togolais, objet aujourd’hui de toutes les attentions.

 La création d’une zone économique Exclusive

Réuni en conseil des ministres, au début septembre 2015, le gouvernement togolais va décider d’introduire au parlement, un projet de  loi, pour la délimitation de ses frontières maritimes, et la création d’une zone maritime Exclusive.

Trois mois plus tard, tous ces textes seront votés et promulgués par l’Etat Togolais, plus engagé que jamais dans la protection et l’exploitation de son espace maritime.

Un pas important pour le pays, vers l’affirmation de ses droits sur son territoire maritime.

En effet, le Droit international de la mer, reconnaît aux Etats côtiers, le droit à une délimitation de leurs frontières maritimes, sur des distances bien déterminées, à l’intérieur desquelles, peuvent s’exercer leurs droits, à faire respecter leur territoire maritime, et à exploiter ses ressources. Des délimitations et des droits, qui concernent aussi bien la «  mer territoriale » que la «  haute mer ».

Ces territoires  maritimes, qui sont des zones de souveraineté pour l’Etat côtier, et dont les déterminations en mer, peuvent s’étendre sur 320 km, et même au-delà, peuvent prendre plusieurs appellations, dont celle de Zone Economique Exclusive.

Et le Togo qui a opté pour cette zone, entend par là, faire respecter et faire exercer ses droits souverains, sur ce nouveau territoire. Des droits sur ses ressources naturelles, ses fonds marins, et son sous-sol. Des droits souverains portant sur l’exploration,  l’exploitation, la conservation et la gestion de ses ressources.

La sauvegarde des droits économiques nationaux

Si à l’origine et à la reconnaissance internationale de ces droits, il y a une revendication politique des pays en voie de développement, plus particulièrement des pays Africains, lassés de voir leurs ressources halieutiques pillées dans leurs eaux territoriales, par les grands chalutiers étrangers, européens et asiatiques, les données semblent avoir depuis évolué.

Aujourd’hui, il s’agit bien sûr, non seulement de sauvegarder  les ressources halieutiques et  l’écosystème, mais également de préserver  leurs droits sur leurs ressources minières, les ressources énergétiques, comme les hydrocarbures et le gaz naturel, dont regorgent souvent ces fonds marins

Et en ce sens, dans la sous-région subsaharienne, les conflits territoriaux ne manquent pas.

Il y a une dizaines d’années, le Nigéria et le Cameroun en sont venus à un conflit armé, pour l’île de Bakassi, dont les eaux territoriales, recelaient de pétrole.

Plus proche du Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire, n’ont pas encore fini avec leur différend territorial, sur leur frontière maritime, supposée regorger de pétrole.

Le Togo, dont les fonds marins, après plusieurs explorations, semblent indiquer la présence d’hydrocarbures, voudrait dès à présent, prendre des dispositions de sauvegarde, aux fins de prévenir tout incident, susceptible demain d’entraver toute exploitation de ces ressources.

L’acquisition ces dernières années, de moyens et systèmes de défense des eaux territoriales togolaises :

Ces dernières années, avec l’accroissement des investissements dans l’économie maritime, la multiplication des actes de piraterie dans le golfe du Bénin, et l’intérêt de plus en plus croissant des autorités pour le secteur, les investissements dans la sécurité des installations et des eaux territoriales togolaises, se sont également accrus.

Ainsi déjà en 2012, le Togo faisait l’acquisition de trois frégates militaires, auprès d’une société française d’armement, pour renforcer son dispositif sécuritaire, lequel sera complété plus tard par d’autres équipements et acquisitions, de contrôle et de surveillance maritimes, modernes et de pointe. Parallèlement, des contrats d’assistance en matière de sûreté et de sécurité maritimes, seront signés avec des sociétés et organismes spécialisés, pour asseoir un dispositif plus efficace et plus large en termes de couverture.

Des investissements importants, dépassant aujourd’hui, le seul cadre de sûreté et de sécurité des activités des ports de Lomé. D’où cette question récurrente, « que cache ce regain d’intérêt pour l’économie maritime et tout ce déploiement » autour des eaux territoriales togolaises.

Cogetra
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