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Togo – Politique de développement : Faire du numérique un outil d’inclusion financière

Avec un taux d’accès à l’internet mobil estimé à 20%, et un nombre croissant de souscriptions à la téléphonie mobile, la numérisation des transactions financières devient un outil indispensable à l’amélioration de l’inclusion financière. Ainsi ces dernières années, nombreuses sont les initiatives engagées par le Togo dans le sens, en vue de l’amélioration de l’inclusion financière des populations, surtout celles vivant en milieux ruraux. Mais en dépit des initiatives, les défis demeurent.

 

Avec une population estimée à plus de 7 millions d’habitants, dont 60% vivent sous le seuil de pauvreté, le Togo s’est depuis quelques années, engagé dans un processus d’inclusion financière des populations, en prenant appui sur le mouvement de digitalisation des opérations financières. Objectif, améliorer le quotidien des populations, surtout celles en milieu rural.

Une évolution favorisée par le nombre de plus en plus croissant d’abonnés aux services de téléphonie, estimé à 6,68 millions en 2018, par le rapport de la plateforme Hootsuite, sur le digital dans le monde.

Ainsi ces dernières années, différentes initiatives seront mises en œuvre, en vue de faire du numérique, un véritable outil d’inclusion financière. Au nombre de ces initiatives, la mise en place du porte-monnaie électronique, Agri Pme, destiné à distribuer et à subventionner la distribution des engrais via le téléphone portable, l’initiative Eco CCP du ministère des Postes et de la téléphonie mobile, pour favoriser l’inclusion financière des populations, surtout rurales, le projet e-gouv pour accroitre la célérité dans les services rendus aux populations le télépaiement des impôts et taxes pour les grandes entreprises, le dédouanement des marchandises en ligne, pour ne citer que celles-là.

Autant d’initiatives certes louables, mais qui peinent à relever le défi d’une réelle inclusion financière des populations.

La marche du Togo vers l’inclusion financière

Dans son document-programme de politique de développement, le Togo s’est engagé à faire de l’inclusion financière, un levier de développement économique et social. Si depuis, des efforts ont été engagés, et des résultats enregistrés au cours de ces dernières mois, les défis demeurent, et l’atteinte des objectifs, un vrai challenge.

En effet, pour lutter contre l’exclusion financière, accroitre le taux de bancarisation qui aujourd’hui est estimé à 26%, favoriser l’accès des populations aux services financiers, pour leur permettre d’améliorer leurs conditions de vie, l’Etat s’est engagé sur bien de terrains, à soutenir et à garantir, l’accès au crédit aux couches les plus défavorisées, surtout via les services financiers des micro-finances.

D’après des statistiques de la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest), au total 15 établissements de crédits, dont 13 banques et 2 établissements financiers, 76 institutions de micro-finances, 5 établissements de monnaie électronique, 15 sociétés d’assurance et de réassurance, et 1 service postal œuvrant dans l’amélioration de l’inclusion financière, opèrent aujourd’hui sur toute l’étendue du territoire national.

Autres initiatives prises

Pour lutter contre la pauvreté et les inégalités sociales, et apporter une réponse élargie, globale, et institutionnelle à la problématique de l’exclusion financière, le Togo va lancer en 2014, le FNFI (Fonds National de la Finance Inclusive).

Ce fonds, appuyé par le PNUD, la BAD et la BOAD, va injecter en l’espace de quatre ans, dans le circuit financier d’aide aux couches défavorisées, plus de 70 milliards de Francs de crédits, à travers des produits financiers comme AGRISEF, AJSEF et APSEF, qui auront permis aujourd’hui d’atteindre, environ 1,5 millions de bénéficiaires.

Selon la Ministre du développement à la base, Victoire Tomegah Dogbé, d’autres projets à l’instar de Agri-PME, MIFA, FAIEJ, PRADEB, intégrant la digitalisation, permettent également d’assurer aux populations, l’accès facile et à moindre coût, aux services financiers.

Mais, malgré les efforts, environ le 1/3 de la population âgé de 14 à 34 ans, reste toujours exclu des services financiers, et jusqu’en 2017, seulement 22,5% de la population, âgés de 15 à 24 ans, détenaient un compte.

Quelques facteurs qui entravent l’inclusion financière

Selon certains analystes, la faible inclusion financière, surtout dans les milieux ruraux, pourrait aussi s’expliquer par l’absence d’offres, bien adaptées aux besoins des populations. A cela s’ajoutent, les contraintes sociales et l’éloignement des populations rurales des zones urbaines, entrainant des difficultés de déplacement et d’accès à l’information.

Au niveau du secteur             agricole, qui emploie 60% de la population, la méconnaissance des difficultés des agriculteurs, et l’exigence de garanties de la part des institutions financières avant tout financement, constituent aussi une autre difficulté à l’inclusion financière.

Un constat qui contraste avec l’essor des institutions financières

En effet, selon les dernières statistiques de la BCEAO, le secteur de la micro-finance au Togo se porte bien, avec le nombre de bénéficiaires aux services financiers, toujours en hausse.

Et d’après les analyses du FMI (Fonds Monétaire International), bien que certaines micro-finances soient en activités sans autorisation, le secteur constitue un appui inestimable pour nombre de togolais, n’ayant pas accès aux services bancaires, et contribue ainsi, à l’amélioration d’une inclusion financière, surtout au niveau des populations rurales.

Des difficultés

C’est un secteur des micro-finances qui doit faire face aujourd’hui, à des difficultés de trésorerie et de gestion, face à la croissance des demandes de crédits. D’où également, un niveau limité des engagements, souvent non consistants, empêchant l’éclosion d’entreprises compétitives, et la persistance de l’exclusion financière.

La BCEAO un partenaire de choix pour relever le défi

Dans le but d’accompagner le Togo dans ses efforts d’inclusion financière, la BCEAO entend dans un premier temps, accompagner le pays dans l’éducation financière des populations, et la protection des consommateurs des services financiers.

Dans un second temps, œuvrer aux cotés des pays de l’UEMOA, dont le Togo, dans la diversification des produits financiers offerts par les institutions financières, en vue de renforcer le développement de l’offre, à destination des populations exclues du système financier.

Enfin, impliquer davantage le secteur public, dans le développement et l’adoption des services financiers numériques. L’objectif étant, de parvenir à assurer aux populations, l’accès et l’utilisation d’une gamme diversifiée de produits et services financiers, adaptés et à coûts abordables.

Cogetra
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