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Togo : moderniser le secteur de la santé à travers des investissements accrus

Au cours de la dernière décennie, les progrès réalisés dans le domaine de la santé ont représenté 24% de l’augmentation totale des revenus des pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires. D’où la nécessité d’investir davantage dans la santé pour réduire la pauvreté et promouvoir la croissance économique.

Les recherches prouvent qu’un investissement additionnel de 5 dollars US par personne et par an, dans les 74 pays qui concentrent 95% de la mortalité maternelle et infantile dans le monde aurait un rendement extrêmement élevé, avec une multiplication par un facteur de cinq à neuf
des bénéfices économiques et sociaux à l’horizon 2035, incluant une croissance du PIB due à l’augmentation de la productivité et du taux de participation au marché du travail, ainsi qu’à la hausse de l’épargne.

Si au Togo, des efforts sont faits en ce sens, avec 7,85% du budget consacré au secteur, ce taux reste toutefois encore faible, comparé à l’« engagement d’Abuja », portant sur 15% du budget. Le Togo qui par ailleurs s’est engagé pour une Couverture Sanitaire Universelle (CSU), afin de garantir des soins de qualité à tous ses citoyens, reste malheureusement encore en déça des objectifs. Beaucoup d’efforts restant encore à faire.

La part des ménages dans les dépenses totales de santé, représente aujourd’hui 47,5%, et reste donc encore élevée. La dépense de santé par habitant étant estimée à 41 dollars US par an, contre une référence de 86 dollars US admise au niveau international. Sur le même plan, seulement 7,6 % de la population, soit moins d’un individu sur dix, est couvert par un mécanisme de prépaiement des soins de santé.

Conscient de cette faiblesse, le Gouvernement compte durant les sept prochaines années, à travers le PNDS 2017-2022, renforcer le système de santé en vue de progresser vers la Couverture Sanitaire Universelle. Ainsi, les besoins de financement de la santé pour la période 2017-2022, sont estimés à 675  milliards FCFA, soit un coût moyen annuel d’environ
115  milliards FCFA..

D’où la nécessité de mobiliser davantage de ressources, pour réduire les barrières financières
aux soins, et progresser vers la Couverture sanitaire universelle (CSU).

Ainsi, en prélude au dialogue national sur le financement de la santé, un atelier de trois jours, rassemblant des représentants du Gouvernement, de l’Assemblée Nationale, des organisations de la société civile, du secteur privé, et des partenaires bilatéraux et multilatéraux, a été
organisé la semaine dernière, et qui a permis de dégager un consensus sur les mécanismes de
mobilisation des ressources financières domestiques additionnelles.

Il s’agit notamment, d’augmenter progressivement le budget alloué à la santé, pour atteindre la cible de 15 %, d’exploiter le potentiel des financements innovants, en particulier les taxes sur la téléphonie mobile, l’alcool et les transferts de fonds. Ces trois mécanismes combinés, devraient rapporter environ 20 milliards de FCFA supplémentaires par an pour la santé.
Passer graduellement de l’assurance maladie obligatoire, à la couverture sanitaire universelle.

L’Etat souhaite donc mettre en œuvre une politique de santé ambitieuse, au profit notamment des populations les plus vulnérables.

Cogetra
Source
Les Dépêches
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