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Togo : Malgré les chiffres, la pauvreté demeure

Avec un taux de croissance stabilisé autour de 5% depuis plus de cinq ans, et un produit intérieur Brut (PIB) en progression dans le même ordre, le Togo apparait ces dernières années comme l’un des pays les mieux en forme du moment, dans l’espace UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine), surtout avec le dernier rapport Doing Business le classant premier pays réformateur de la région. De bons résultats à saluer, mais qui contrastent avec la persistance des inégalités, des disparités, et surtout de la pauvreté.

Quelques bons résultats                                                                         

Ces dernières années, nombreux sont les initiatives engagées par les autorités togolaises, quelques fois avec l’appui de partenaires au développement, pour réengager le Togo sur la voie du développement.

Des initiatives qui permettent aujourd’hui au pays, de relancer son économie, après une crise de la dette, la période des ajustements, et un retour à l’orthodoxie financière. Résultat, une reprise qui se confirme année après année, et une croissance économique à plus de 5%, contre une moyenne-Uemoa d’environ 4%.

Ainsi, avec les efforts consentis par le pays, en termes d’amélioration du climat des affaires, et de la facilité de création d’entreprises, l’édition 2019 du Rapport Doing Business de la Banque Mondiale, va classer le pays parmi les économies à avoir fortement progressé l’année dernière dans le monde, en matière d’amélioration du climat des affaires.

Ce qui, naturellement va avoir une incidence positive sur l’économie, dont le regain de dynamisme sera porté par le développement des infrastructures de transport, l’agriculture, les industries extractives, avec la production et l’exportation du clinker et du ciment.

Au niveau de l’accès à l’énergie électrique, les efforts engagés permettront au Togo de passer d’un taux d’électrification par ménage, de 15% en 2010 à 28 % en 2014, pour 45% en 2019, selon des chiffres du Ministère des mines et de l’énergie.

En ce qui concerne les finances publiques, l’on notera quelques avancées, surtout en termes de stabilisation et de réduction du déficit, et du niveau de la dette publique, avec l’adhésion du pays au programme FEC (Facilité  élargie de Crédit) du Fonds Monétaire International (FMI).

Un programme qui aura permis au pays, grâce à des mesures d’ajustement, de faire passer sa dette publique qui était de l’ordre de 80% du PIB (Produit Intérieur Brut), fin 2016, à 70% fin 2019 (la norme Uemoa).

Au niveau de l’agriculture, quelques mesures incitatives à l’instar du MIFA (Mécanisme Incitatif de Financement Agricole) et de AgriPme, pour ne citer que celles-là, seront initiées pour promouvoir le financement d’un secteur qui emploie aujourd’hui, plus de 60% de la population active, et contribue à 40% du PIB. Seul bémol, malgré ces efforts, le financement du secteur peine à dépasser les 2%.

En effet, malgré les efforts engagés par les autorités togolaises ces dernières années, le Togo reste de loin un pays d’inégalités, avec l’absence d’une réelle classe moyenne, et une prédominance pour les deux extrêmes.

Une pauvreté toujours persistante

Selon le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), malgré les efforts engagés dans la lutte contre la pauvreté, les défis demeurent avec plus de 50% de la population togolaise, qui vit toujours sous le seuil de pauvreté.

Une situation renforcée par le sous-emploi, l’insuffisance ou l’absence d’infrastructures de base, surtout en milieux ruraux.

Mieux, en dépit des efforts consentis dans la promotion de l’inclusion financière, avec des initiatives telles que le FNFI, l’Agrisef, l’Apesef, et autres projets, plus de 60% des populations disent toujours avoir des difficultés à faire face à leurs besoins primaires. De quoi se poser des questions, sur la pertinence et l’efficacité des politiques d’amélioration des conditions de vie des populations.

Le paradoxe togolais

En effet, si elles sont nombreuses ces dernières années, à saluer la reprise économique et le développement du pays, surtout dans le domaine des infrastructures, ils sont aussi nombreuses ces institutions, dont les rapports classent le Togo au nombre des pays les moins inclusifs du continent, et qui pâtissent toujours de la corruption.

C’est le cas du dernier rapport IDH (Indice de Développement Humain) des Nations Unies, qui classe le Togo au nombre des pays à indices les plus faibles du monde.

Un pays peu peuplé, au riche sous-sol, avec des minerais tels que les phosphates, le marbre, le clinker, le fer, pour ne citer que ceux-là, mais classé 166è  sur 189, à l’indice de développement humain.  La faute selon plusieurs analystes, à une déficience de bonne gouvernance, à l’évasion fiscale, à une corruption endémique, et à une inégale répartition des richesses du pays.

Analyse partagée par l’ONG Global Financial Integrity, qui dans son dernier rapport, classe le Togo au nombre des pays d’Afrique, les plus lourdement affectés par le phénomène, et 107è sur 169 pays, au niveau mondial.

Autres difficultés, le retard dans l’exécution des projets qui devrait permettre de relever le défi de développement, le manque de financement et de suivi, et une mauvaise gestion des ressources disponibles.

Autant de situations qui persistent, et qui entravent le développement des populations, qui n’aspirent qu’à un mieux-être.

Cogetra
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