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Togo, gouvernance économique : DSK, toujours présent

Ces cinq dernières années, Dominique Strauss Kahn, appelé aussi DSK, est devenu un habitué de Lomé, abonné depuis à ses conseils et médiations. Conseiller spécial ou consultant, DSK peut se prévaloir aujourd’hui, de plusieurs casquettes auprès du pouvoir de Lomé.

A son actif, la restructuration de la dette publique togolaise, les négociations avec le Fonds Monétaire International (FMI), la gestion de certaines situations délicates de conflits avec des investisseurs échaudés par le Togo, et bien sûr, et selon plusieurs sources, le nouveau Plan National de Développement (PND) du Togo.

Les 14 et 15 juin derniers, à l’occasion du Forum Togo – UE, l’homme était encore là, plus présent que jamais, pour assister les autorités togolaises, dans cet exercice d’un nouveau genre. Mais difficile d’oublier, cette affaire de mœurs,  qui un 12 mai 2011, va sceller le sort d’un homme, que tout le monde voyait, à de plus hautes fonctions.

Et pourtant, ce côté sombre de ce roi déchu, ne doit pas faire oublier, son expertise en économie et finances.

 Le Roi DSK :

Ancien cadre du Parti Socialiste français (PS), professeur d’université, il sera ministre des finances sous Lionel Jospin, alors Premier Ministre français, avant d’aller officier au FMI (Fonds Monétaire International), de 2007 à 2011, comme Directeur Général.

Des expériences qui lui vaudront une certaine expertise, et un carnet d’adresses bien fourni. Bon viveur, l’homme est sûr de lui, et aime séduire son auditoire, avec son bagout, et une audace sans pareille, selon des proches.

S’il a la réussite facile, il a aussi l’échec qui lui colle à la peau. Et le FMI qui devait être l’aboutissement d’une carrière réussie, sera aussi sa chute, parce qu’à un moment, se croyant tout puissant et tout permis.

La déchéance :

Mai 2011, à quelques semaine de la présidentielle française, celui qui jusque là, faisait office de favori, va brutalement connaître un sort infamant. Ce sera la descente aux enfers.

Si les circonstances dans lesquelles les faits se sont réellement produits, restent encore troubles, toujours est-il que ce 12 mai 2011, l’ancien Patron du FMI (Fonds Monétaire International), Dominique Strauss Kahn, alors encore officiant à New York, sera arrêté et inculpé pour ײagression sexuelle, des faits suffisamment graves aux Etats-Unis, pour connaître la prisonײ.

La plaignante, Nafissatou Diallo, une américaine d’origine guinéenne, alors femme de chambre de son Etat, employée dans un grand hôtel de New York, où DSK séjournait, va accuser ce dernier, d’agression sexuelle.

Arrêté et traité comme un vulgaire criminel, dans un feuilleton qui va déchainer des passions pendant plusieurs semaines, DSK ne s’en relèvera plus. Même relaxé et remis en circulation, cet homme, par le passé si convoité, est aujourd’hui condamné à rester à l’ombre.

Des conseils et un carnet d’adresses à vendre :

Mais le roi déchu a encore du talent à vendre, de bons conseils, si ce ne sont des tuyaux à refiler. C’est ainsi que va naître chez lui, l’idée de créer un Cabinet de Conseil.

Même si en Europe, il est devenu un paria, sous d’autres cieux plus cléments, en Afrique tout particulièrement, l’homme conserve toujours son aura, même avec une réputation en ruine.

De Dakar à Brazzaville, d’Abidjan à Lomé, L’ex-Patron du FMI a encore ses entrées. Bénéficiant partout où il passe, d’un traitement VIP, DSK peut se refaire.

Son terrain de prédilection, les négociations avec le FMI, ou encore la conception de ײPlan d’émergence économiqueײ, nouveau mirage pour l’Afrique.

Conseiller, conseiller spécial ou Consultant, peu importe, les conseils ou le carnet d’adresses de DSK continuent d’être recherchés, surtout en Afrique subsaharienne.

Seul problème, le personnage n’est pas abonné aux bonnes œuvres. Même déchu, DSK a besoin de continuer à entretenir son standing. Aussi, monnaie- t- il chèrement, son carnet d’adresses et ses conseils. De quoi susciter parfois, méfiance et hostilité, dans les entourages des chefs d’Etat africains, qui au fil des temps, commencent à émettre des doutes, sur la portée de ses interventions, et surtout sur leur efficacité.

Les casseroles :

Jusqu’à quand la magie DSK continuera d’opérer ; c’est là toute la question.

Connu pour son bagout et sa capacité à captiver son public, l’ex-Patron du FMI, pour ses détracteurs, reste un prestigitateur, un piètre gestionnaire, qui n’aurait pratiquement rien réussi à son compte. Au contraire.

En effet, après sa chute en mai 2011, DSK va monter plusieurs affaires, dans le domaine des finances et placements, parfois seul ou en association, mais qui toutes feront faillite.

Pire, il laissera sur le carreau, plusieurs clients fortunés, qui aujourd’hui, se sentent floués. D’où plusieurs plaintes à son encontre, déposées par – ci, par – là.

Deux de ces déroutes, lui collent encore à la peau, avec des poursuites judiciaires. La société de droit luxembourgeois LSK (Leyne Strauss Kahn & Partners), créée en 2013, et DSK Global Investment Fund, créée une année plus tard, et depuis, radiée. Et depuis mars 2016, ce dernier doit faire face à une poursuite judiciaire, pour « escroquerie en bande organisée, abus de confiance, et abus de biens sociaux ».

Des fiascos qui lui valent aujourd’hui, le discrédit dans le monde des finances occidental, où il est relégué au rang des loosers.

Sauf que sous d’autres cieux, la magie DSK continue d’opérer. Ainsi, en Mauritanie comme en Tunisie, ou encore bien loin, en Russie comme en Ukraine, DSK continue d’apporter son expertise, en conseillant et en intervenant dans des montages financiers. Des échappées qui lui permettent d’oublier quelque peu, ses déboires en Europe.

Cogetra
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