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Togo : faire de la croissance démographique un moteur de développement

Avec une population galopante qui a plus que doublé, sur les trois dernières décennies (1981-2010), le Togo veut réorienter le développement de ses villes sur les 20 prochaines années. Ceci, à travers une gestion axée équitable des populations aux infrastructures de base. Une initiative qui vise à réduire les disparités régionales, à favoriser la création d’emplois, bref, à faire de la croissance démographique, un moteur de développement. Un défi qui semble de taille.

« L’urbanisation rapide non maitrisée, exerce une pression négative très forte, sur le développement des villes, partant du pays », devrait constater Sélom Klassou, Chef du gouvernement.

Une situation d’autant plus délicate, avec une démographie sans cesse croissante, qui a doublé au cours des trois dernières décennies (1981-2010), avec un taux de croissance de l’ordre de 0,2%, pour une population active de 55%.

Une masse de population que l’on retrouve dans les différents programmes de lutte contre la pauvreté.

Et c’est pour relever le défi, et permettre à cette couche vulnérable, potentiel moteur de croissance, qu’il est envisagé un plan de réorientation sur les 20 prochaines années.

En effet, ce nouveau plan de développement, devra prendre en charge, la répartition équitable et durable des services essentiels de base, dans les villes et milieux ruraux, et axer le développement du pays sur sa croissance démographique.

Dans cette logique, le Togo s’est déjà en 2009, doté d’un document de Politique Nationale d’Aménagement du Territoire. Un document dont, l’avant-projet de loi validé en septembre dernier, définit les stratégies d’amélioration du cadre de vie et des conditions de vie des populations.

Ainsi, en décembre 2015, pour renforcer les actions du Togo dans l’amélioration du cadre de vie de ses populations, l’Assemblé nationale adoptait un projet de loi-cadre, sur l’aménagement du territoire. Un texte qui définit les règles et institutions en charge de l’aménagement du territoire, à différentes échelles, et qui devrait servir de base à la mise en œuvre de la politique nationale, dans le domaine.

Pour les autorités togolaises, l’ensemble de ces dispositifs, permettront d’assurer un développement économique et social spatialement équilibré, de réduire les disparités régionales, de favoriser la création d’emplois, et d’inciter le secteur privé, à investir dans les zones les plus défavorisées. Un autre défi de taille.

Une urbanisation déséquilibrée

Pour Démakou Yédoubé, Directeur de l’Orientation spatiale, la problématique de l’aménagement du territoire au Togo, est marquée par un déséquilibre  profond.

D’abord entre Lomé, la capitale, où  il se concentre le maximum des infrastructures du pays, environ 80%, selon les études, et le reste du territoire, où il y a plus d’infrastructures, que dans les milieux ruraux. Une situation qui a pour conséquence, l’existence de zones défavorisées dans le pays.

Le foncier un autre handicap

Pour nombre d’experts, pour  faire de la croissance démographique, un atout de développement, le Togo se doit également d’asseoir une gestion saine du foncier.

En effet, l’agriculture dont les activités sont liées à la terre, emploie plus de 60% de la population active, et une gestion saine du foncier, devrait contribuer davantage, à la création des entreprises et de richesses dans le pays.

Malheureusement au Togo, le foncier demeure source de problèmes et de conflits, à cause des multiples  ventes, de la falsification des documents administratifs, de l’occupation illicite des terres, de la lenteur dans la délivrance des documents administratifs, etc. Bref, un ensemble de difficultés, qui annihilent les efforts de modernisation et de développement du pays. Des défis, que l’Etat envisage relever à travers l’adoption d’un nouveau code foncier.

Cogetra
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