CEDEAOEntrepriseNational

Togo, énergie électrique : sortir de la dépendance énergétique

Avec la croissance économique, et une démographie galopante, le Togo se trouve confronté à une demande accrue en énergie électrique, mettant en lumière, son déficit chronique en énergie électrique, et sa forte dépendance de l’extérieur. Une situation qui a pour conséquence, des délestages à répétition. De quoi se poser des questions, sur les nombreuses initiatives, pour assurer au pays, une indépendance énergétique.

Difficile au Togo, d’assurer à ses populations, et ses entreprises, la disponibilité et l’accès à moindre coût au service électrique, avec une dépendance énergétique à plus de 50% des pays voisins. En effet, c’est avec l’ouverture dans les années 1990, de la zone franche, que les premiers signaux de la faiblesse de la capacité électrique du Togo, se sont faits jour.

Une situation qui va vite empirer, avec la croissance démographique, le renouveau économique, et un regain d’activités dans le secteur industriel, à partir de 2006, grâce à la reprise de la coopération, et à l’admission du Togo, à l’initiative PPTE en 2008 (Pays Pauvre Très endetté).

Renforcement des capacités de la compagnie nationale d’électricité

Face à cette situation, les autorités togolaises, avec  l’appui des partenaires au développement, vont s’employer à renforcer les capacités de production et de distribution de la CEET (Compagnie Energie Electrique du Togo). En 2000, la CEET, sous la version Togo Electricité, va bénéficier d’un concours de la BOAD (Banque Ouest Africaine de Développement) pour réhabiliter la centrale de Lomé-siège, devant porter la disponibilité du courant électrique de 30 à 80%.

En 2008, pour réduire sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur, surtout du Ghana (18,9%), du Nigéria (53,4%), de la Côte d’Ivoire (2%), trois pays qui eux seuls, fournissent 70% de l’électricité consommée au Togo, le projet Contour-Global Togo sera mis sur les rails : un projet de construction d’une Centrale thermique de 100 MW, pour asseoir une certaine indépendance énergétique. Un projet d’importance, supposé réduire de façon substantielle, la dépendance énergétique du Togo vis-à-vis de l’extérieur, mais qui malheureusement, ne permettra pas au pays, d’atteindre son objectif, qui de le sortir de la dépendance énergétique.

La solution de l’hydroélectricité

En effet, l’initiative des barrages hydroélectriques, pour assurer au pays une autosuffisance énergétique, a débuté dans les années 1960, avec la construction du barrage hydroélectrique de Kpimé en 1962, sur fonds yougoslaves, mais qui n’aura qu’une portée limitée. Autre projet, cette fois-ci en commun avec le Bénin, la construction du barrage de Nangbéto, de 65 MW, pour relever sa capacité électrique à 32,5 MW, et pallier ainsi à sa dépendance énergétique. Mais, trop peu pour couvrir les besoins énergétiques, en pleine croissance.

Mettant l’accent sur la mise en valeur du potentiel commun du fleuve Mono, le Togo et le Bénin vont de nouveau s’engager en décembre 2015, dans la construction d’un nouveau barrage, celui d’Adjralala. Le projet, qui devrait bénéficier à terme, d’un financement chinois, à hauteur de 312 milliards FCFA, devait fournir aux deux pays, quelques 147 mégawatts d’énergie électrique.

Seulement, entre temps, la participation du Togo au projet, a semblé remise en question, par son coût final jugé trop élevé, et les difficultés financières qui ont commencé à poindre aux Togo.

 

L’énergie renouvelable, la dernière solution ?

En octobre 2016, la BOAD (Banque Ouest Africaine de Développement) annonçait la mise en place d’un financement de 20,2 milliards FCFA, dont 6 milliards FCFA sur fonds propres, et 14,2 milliards FCFA, du FED (Fonds Européen pour le Développement), pour accroitre l’utilisation au Togo, d’énergies renouvelables. Mais déjà en septembre 2012, une convention de concession de 22 ans, avait été signée, pour la construction et l’exploitation d’un parc éolien de 25,2 MW dans la préfecture de Zio, avec la société Delta Wind-Togo SA.

En 2011, c’est au tour de la société Greanleaf Global, d’obtenir l’autorisation pour la production du biodiesel, avec 70% de la production, destinés à l’exportation, et 30% au marché local. Autant d’initiatives, mais qui pour l’heure, ne permettent pas encore au Togo, de briser sa dépendance énergétique, vis-à-vis de ses voisins. Une situation qui, malheureusement n’est pas prête de s’inverser.

Cogetra
Afficher plus

Articles similaires

Fermer