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Distribution de produits pétroliers, la position de Lomé compromise

Si officiellement, le pays n’est pas producteur de pétrole, sur le plan régional et selon le  Rapport 2016 de l’ONG suisse Public Eyes, Lomé serait devenue depuis quelques années, une plateforme régionale de distribution de produits pétroliers. Mais, ce trafic juteux, est aujourd’hui en train de prendre de l’eau. Le Ghana et la Côte d’Ivoire, deux pays de la sous-région, voisins du Togo, producteurs officiellement déclarés de pétrole, viennent à leur tour, de se lancer dans le business du pétrole, avec l’ambition affirmée, d’en devenir une plateforme régionale.

Lomé, plateforme régionale de distribution  de produits pétroliers :

L’affaire des carburants nocifs a fait grand bruit durant tout le mois de septembre 2016. Les eaux territoriales togolaises, seraient devenues depuis quelques années, une plateforme régionale de transbordement, et de distribution de produits pétroliers finis, en provenance d’Amsterdam, et autres grands centres de raffinage et de stockage.

Alimenté par des compagnies de négoce pétrolier suisses, dont Trafigura, Elios, et Oryx, ce trafic, pendant des années, aurait permis d’alimenter plusieurs pays de la région subsaharienne, dont la Cote d’Ivoire, le Libéria, le Bénin, le Sénégal, le Cameroun, le Congo, et bien d’autres pays.

Mais ce juteux trafic, au fil des ans, a fini par susciter bien de convoitises. À commencer par les pays producteurs de pétrole de la région, qui ne pouvaient comprendre, que ce petit pays, non producteur de pétrole, puisse s’ériger en plateforme régionale de distribution, et contrôler ainsi un trafic, non seulement juteux, mais aussi hautement stratégique.

Les projets concurrents ghanéen et ivoirien :

Le Ghana, dont l’industrie pétrolière est en plein essor depuis quelques années, avec les nombreuses découvertes de champs pétrolifères et gaziers, aussi bien en mer, que sur terre ferme, a fait de la transformation des produits pétroliers, un levier essentiel dans sa stratégie de développement.

Ainsi, ces dernières années, et surtout ces derniers mois, plusieurs projets dont ceux du raffinage de pétrole, et de liquéfaction de gaz, ont été lancés.

Si certains sont en voie d’achèvement, d’autres par contre, sont déjà depuis quelques mois, en activités.

Des investissements et installations, qui permettent aujourd’hui au Ghana, d’exporter des produits pétroliers finis, comme l’essence et le gasoil, vers plusieurs pays de la région.

Parmi eux,  le Bénin, le Mali, le Burkina, le Niger, et bientôt le Libéria.

Mais le pays n’entend pas s’arrêter en si bon chemin, lui qui ne vise, ni plus, ni moins, qu’à devenir une plateforme régionale de distribution de produits pétroliers, et autres dérivés, vu l’incapacité du second producteur d’or noir en Afrique, le Nigéria, à assumer son leadership dans le domaine, dans la région.

Mais, c’est compter sans la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, qui entend jouer un rôle de premier plan, dans tous les domaines stratégiques, surtout économiques, dans la région.

Abidjan est  ainsi en train de travailler sur un autre projet concurrent, qui devrait faire d’elle, une plaque tournante du marché pétrolier africain, à travers la fourniture de produits pétroliers finis, à plusieurs pays de la région.

Pour devenir ce « Rotterdam de l’Afrique » d’ici 2020, la Côte d’Ivoire mise sur des investissements massifs, de l’ordre de 900 millions d’Euros, pour mettre en place, des infrastructures de stockage et de transport de produits pétroliers.

Et dans le tour de table en cours, elle peut d’ores et déjà, compter sur les compagnies françaises Total et Bolloré, déjà actionnaires dans les deux compagnies, qui pilotent le projet.

Mais, c’est aussi sans compter avec les ambitions du nouveau pouvoir béninois, prêt à accueillir la Compagnie nationale pétrolière et gazière azerbaïdjanaise, SOCAR, qui envisage de construire à Cotonou, un terminal pétrolier.

L’objectif étant, d’ « élargir les perspectives d’approvisionnement en pétrole et en produits pétroliers azerbaïdjanais, sur les marchés ouest-africains, et d’y intensifier l’activité commerciale de SOCAR »

Cotonou, grâce à sa situation géographique dans le Golfe de Guinée, pouvant ainsi servir de porte d’entrée vers les autres pays de la région.

Cogetra
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