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Débat sur l’avenir du Franc CFA, quand la diplomatie prend le dessus

N’est pas diplomate, qui veut. Cette vérité, Kako Nubukpo, cet économiste togolais, très engagé sur les questions touchant au développement de l’Afrique, surtout celui de la zone CFA, connu pour son franc-parler, aujourd ’hui dans le débat très engagé, sur l’avenir du Franc CFA,  une fois encore, va l’apprendre à ses dépens. Face aux étudiants de l’Université de Lomé ce 24 mai, l’économiste togolais de nouveau se lâcher. Ce qui va l’obliger à publier un communiqué, quatre jours plus tard, en guise de réparation.

S’exprimant le 24 mai dernier, devant des étudiants de l’Université de Lomé, à l’occasion d’une conférence-débats sur le Franc CFA, et ses « mécanismes désuets », pointés aujourd’hui du doigt par nombre d’observateurs, comme un frein au développement des ex-colonies françaises en Afrique, ce dernier, sera emmené, à se prononcer sur son « départ » du ministère de la Prospective, près la Présidence de la République, poste qu’il occupait au Togo, jusqu’à son départ en 2015, à l’occasion d’un heureux remaniement gouvernemental, qui va mettre un terme à cette expérience politique. Désormais libre (?) de ses mouvements, ce dernier va s’adonner à cœur-joie, à ses analyses économiques, où naturellement, économie et développement, seront passés au crible, sans concession. Et quand quelque temps après, l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), par le biais de sa Direction de la Francophonie économique et Numérique, lui tendra les bras, il franchira de nouveau le pas, oubliant au passage, qu’un diplomate, est tenu avant tout, à une obligation de réserve, et que partout où il passe, il doit savoir tenir sa langue. Un franc-parler qui va l’emmener, à l’incident diplomatique en fin de semaine dernière, en laissant entendre, où en ne réfutant pas, la rumeur selon laquelle, en 2015, ce serait sous la pression diplomatique de l’ivoirien Alassane Ouattara, connu pour sa fidélité sans gêne, à la France et au Franc CFA, qu’il sera lâché par un Faure Gnassingbé, soucieux de sa reconduction à la tête de l’Etat togolais. Suffisant en tout cas, pour commettre le crime de lèse-majesté, et devoir se plier à un Communiqué, pour essayer de rectifier le tir, avec des excuses, à ses Excellences Alassane Ouattara, le maître de la Côte d’Ivoire, Président en exercice de l’Uemoa (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine), et Faure Gnassingbé, qui n’a visiblement aujourd’hui, aucun intérêt, à de nouveau se brouiller avec la France, ou encore avec un président ivoirien, qui ne sait que faire depuis, de son trop plein hommes en armes, qui lui posent aujourd’hui tant de soucis. Mais, au-delà de ces considérations régionales, c’est aussi , directement ou indirectement, son poste à Paris, à la Francophonie, qui est en jeu. Malgré lui, Kako Nubukpo, aujourd’hui ou demain, devra choisir, entre le confort douillet d’un bureau au bord de la Seine, et la galère que doive vivre tout opposant anti-système, en l’occurrence, l’ordre français en Afrique, et mieux encore, dans ses ex-colonies. Un exemple, pas si éloigné que cela, celui du bissau-guinéen, Carlos Lopes, ancien Secrétaire Exécutif  de la Commission Economique des Nations Unies auprès de l’Union Africaine, dont les prises de position et de risque, sur le développement économique de l’Afrique, et qui commençaient à déranger, a fini par démissionner de son poste, pour retrouver, comme il le dit, sa liberté se penser.

Cette heure, a-t-elle sonné aujourd’hui pour Kako Nubukpo ? Saura-t-il se retirer à temps, et avec les honneurs ?

Cogetra
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