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Secteur des télécoms : fusion-transformation chez les opérateurs publics

Annoncée depuis quelques mois, le Conseil des ministres du 13 juillet dernier, est venu entériner, un ensemble de mesures actant le processus de transformation du groupe Togo Télécom, propriétaire de Togo Télécom (téléphone fixe et internet), et de Togo Cellulaire (téléphone mobile). La nouvelle compagnie, un Holding des communications électroniques, « TOGOCOM », avec trois filiales, en charge des « infrastructures », « services » et « installations ».

Depuis des années, la question de la qualité des services télécoms n’a cessé de se poser, bien que plusieurs investissements aient été engagés dans le secteur.

Mieux, les deux sociétés d’Etat, que sont Togo Télécom, et sa filiale de téléphonie mobile, Togocel, ne font pas mieux que leurs concurrentes, pourtant moins nanties, pour assurer aux populations, des services de qualité, et à moindre coût, en comparaison aux pays de la sous-région. Une situation renforcée par des problèmes de gouvernance et de leadership, qui ont fini par précipiter l’opérateur historique, Togo Télécom à la faillite. D’où, de nombreux ajustements pour sauver la situation.

Et c’est dans cette situation, qu’est annoncée la réorganisation du groupe Togo Telecom, avec pour objectif, selon le gouvernement, « d’améliorer la qualité des services fournis à la clientèle; d’étendre  la couverture de l’Internet haut-débit à l’ensemble de la population, et d’assurer la baisse significative des prix qui devront s’aligner sur les prix les plus bas du continent ». Ainsi, jeudi dernier, a été pris en conseil des ministres, une série de décrets pour finaliser le processus de transformation du groupe de télécom.  Il s’agit des décrets portant création, de la Société Holding Togolaise des communications Electroniques « TOGOCOM », et de ses filiales Infrastructures, Service et Installation.

Une série de mesures, où le gouvernement « réitère sa volonté de développer les secteurs des services de téléphonie fixe, mobile et d’internet, les infrastructures et les services de maintenance, et de contribuer au développement économique de la République Togolaise pour en faire une vitrine au sein de la sous- région ».

Un vrai Challenge

Pour nombre d’analystes, l’atteinte des objectifs, constitue un vrai challenge, vu les difficultés en présence, les intérêts nationaux et personnels en jeu, et les forces antagonistes tirant de tous côtés, pour le statu quo, synonyme de maintien d’intérêts égoïstes, obscurs, échappant parfois même, à ceux chargés de conduire le processus.

Un mariage qui n’écarte pas les risques

Selon toujours des observateurs, le mariage entre Togo Télécom et Togocel, peut sans mesure de précaution, compromettre durablement celle de Togocel, déjà fragile. C’est d’ailleurs le constat, de Cina Lawson, Ministre des Postes et de l’Economie Numérique, qui déclarait en 2015, bien avant le lancement de la réorganisation du groupe Togo Télécom, « si vous fusionnez  ces deux entreprises, dont l’une marche mieux que l’autre, ou des entreprises qui ont des problèmes pour délivrer les services, cela ne va pas améliorer la façon dont les services sont délivrés, mais plutôt les aggraver ». D’où ce risque pas à écarter d’effondrement de tout l’attelage.

Quid d’un troisième opérateur pour relever le défi

Depuis le début des années 2000, le marché togolais de la téléphonie mobile, est toujours régenté par deux opérateurs de téléphonie mobile, Togocel et Moov, qui après un début timide de concurrence, semblent s’être depuis entendues, avec l’aval tacite des autorités togolaises, à se partager le marché, sans se faire la guerre. Une situation de non concurrence réelle, préjudiciable aux nombreux utilisateurs des  services de télécom, et qui trouvent leurs services excessivement chers, comparés à ceux de la sous-région.

Constats récemment confirmés par une étude publiée par Pyramid Research, un cabinet de conseil américain, spécialisé dans les télécoms et les NTIC (Nouvelles Technologies d’Informations et de la Communication), qui estime qu’« en raison du duopole formé par Moov et Togocel, les coûts de la téléphonie mobile, notamment ceux de la data, sont les plus élevés parmi les pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine ».

De quoi amener les autorités togolaises, à s’engager dans de véritables réformes.

Cogetra
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