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Politique togolaise : Levée de l’immunité parlementaire d’Agbéyomé Kodjo

Le procureur de la République peut désormais poursuivre Gabriel Agbéyomé Kodjo. Arrivé deuxième de l’élection présidentielle, l’opposant qui s’était proclamé vainqueur du scrutin a vu son immunité parlementaire levée ce lundi,  par l’Assemblée nationale.

L’ancien Premier ministre est notamment accusé de troubles aggravés à l’ordre public, dénonciations calomnieuses et atteinte à la sécurité intérieure de l’État.

Comme attendu, la levée de son immunité parlementaire n’a été qu’une simple formalité. Et pour cause, Agbéyomé Kodjo est l’un des rares opposants à ne pas avoir boycotté les législatives de décembre 2018.

Ils sont ainsi 80 députés membres ou proches de la majorité à s’être prononcés en faveur de sa levée d’immunité. Seuls deux députés ont voté contre alors que huit se sont abstenus. Des parlementaires qui à près de 87 % ont également autorisé le procureur général à engager des poursuites contre lui l’ancien président de l’Assemblée nationale.

Par cet acte des députés, Agbéyomé Kodjo devient un citoyen ordinaire et la justice pourra le poursuivre pénalement pour des propos qu’il a tenus durant la période électorale de février 2020. Le procureur de la République peut désormais poursuivre l’opposant, explique Yawa Tségan, présidente de l’Assemblée nationale.

“L’Assemblée nationale autorise le producteur auprès de la Cour suprême à entamer d’éventuelles poursuites contre le nommé Gabriel Mensan Agbéyomé Kodjo”.

Il devra répondre des chefs d’accusation de “troubles aggravés à l’ordre public, de diffusion de fausses nouvelles, de dénonciation calomnieuse et d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État”. Pius Agbétomé, ministre de la justice, remercie l’Assemblée nationale.

“C’est avec beaucoup d’attention que nous avons suivi le déroulement qui nous a conduit à la levée d’une part de l’immunité parlementaire du député Agbéyomé Kodjo, et d’autre part à l’octroi de l’autorisation en vue de l’engagement de poursuites judiciaires et pénales contre lui. Nous tenons au nom du gouvernement, remercier la représentation nationale”.

Depuis le 24 février, le candidat du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD) conteste les résultats de l’élection présidentielle, scrutin qu’il assure avoir remporté alors que la Commission électorale indépendante a proclamé Faure Gnassingbé vainqueur.

La colère de Monseigneur Kpodzro

C’est notamment le fait de s’être autoproclamé président élu qui lui vaut d’être aujourd’hui poursuivi, notamment pour troubles aggravés à l’ordre public, dénonciations calomnieuses et atteintes à la sûreté intérieure du pays. Des poursuites qui vont désormais être rapidement engagées par le procureur. Ce dernier va convoquer Agbéyomé Kodjo pour l’entendre.

Aussitôt la levée de l’immunité de Gabriel Agbéyomé Kodjo annoncée, Mgr Philippe Kpodzro, archevêque émérite de Lomé, a tenu une conférence de presse dans la maison de son filleul où il a élu domicile depuis quelques jours.

L’ancien archevêque a lancé cet ultime appel aux Togolais :

« Peuple togolais! Dans quel pays sommes-nous? La population est usurpée! Le pouvoir veut mettre derrière les barreaux le vrai vainqueur du scrutin présidentiel […] Je demande à la population d’entrer dans une résistance légale pour empêcher l’arrestation programmée de notre président démocratiquement élu ».

Et de réaffirmer toute sa détermination : “En tout cas, c’est sur mon cadavre qu’ils marcheront pour arrêter notre nouveau président Agbéyomé Kodjo. Je suis dans sa maison”.

Cogetra
Source
RFI Afrique DW Afrique
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