National

Politique de développement : Lomé mise davantage sur les investissements étrangers

Difficile aujourd’hui de financer ses programmes de développement, sans les investissements directs étrangers ; le Togo, à l’instar des pays d’Afrique subsaharienne, d’opérer des réformes institutionnelles et structurelles, pour créer un cadre économique plus incitatif et plus favorable, susceptible d’attirer ces investissements potentiels.

Des efforts qui ont permis au pays en 2019, d’être classé premier pays réformateur de l’espace UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine), par le Rapport Doing Business de la Banque Mondiale.

 

Amélioration du climat des affaires

La décennie 2010-2020 a été marquée au Togo par des efforts, en vue de rendre la place togolaise, beaucoup plus attractive pour les investisseurs étrangers.

Des efforts qui se sont traduits par, l’apaisement du climat politique, la création d’un cadre de concertation entre le Gouvernement et le secteur privé, la réduction de l’impôt sur la sociétés commerciales, la création du Guichet Unique, du Centre de Formalités des Entreprises (CFE), de l’Office Togolais des Recettes (OTR), et du Holding d’Etat – Togo Invest Corporation, pour accompagner les projets de développement.

Des efforts et des réformes qui ont permis au pays, d’améliorer son climat des affaires, et d’attirer davantage d’investissements étrangers.

Les investissements étrangers au Togo ces dernières années

Ces investissements ont été beaucoup plus soutenus, au cours de ces dix dernières années. Notamment, dans les infrastructures de transport, dans les industries extractives, et dans une moindre mesure, dans l’industrie bancaire.

Dans les infrastructures de transport, le gros des investissements est allé au port de Lomé, avec la construction d’un troisième quai de transbordement par le Groupe Bolloré, pour un coût d’environ 250 milliards FCFA, d’un Terminal de transbordement (LCT) par la compagnie italo-suisse MSC, et chinois CMHI, pour un montant d’environ 230 milliards FCFA.

Dans le domaine du transport aérien, il a été construit depuis 2015, une nouvelle aérogare de 21.000 m2 à Lomé, avec un financement de la China Eximbank, pour un coût avoisinant les 100 milliards FCFA.

Pendant ce temps, le gouvernement poursuit son vaste projet de rénovation et de construction routière, aussi bien à Lomé, qu’à l’intérieur du pays, avec des financements qui, selon les analystes, devraient aujourd’hui avoir dépassé la barre des 1000 milliards F.FCA.

Un autre secteur à avoir bénéficié d’investissements majeurs ces dernières années, le secteur minier, dit extractif.

Quatrième producteur mondiale de phosphates, avec selon des rapports externes, 1,5 millions de tonnes de production en 2019, et qui ces dernières années, a pu bénéficier de prix soutenus sur les marchés internationaux, le gouvernement travaille depuis à un plan de relance du secteur, en l’engageant dans une phase industrielle, avec la mise en exploitation du phosphate carbonaté. Montant des investissements en vue, 1.000 milliards FCFA.

S’il y a quatre ans, ce méga projet a été attribué au groupe formé par l’israélienne Elenilto et le géant chinois Wangfu, depuis plus aucune nouvelle, jusqu’à l’irruption récente du milliardaire nigérian Aliko Dangote, dans le projet.

Autre ressource et non des moindres, à attirer aujourd’hui les investisseurs déjà engagés, les gisements de calcaire, utilisé dans la production du clinker, matière première dans la fabrication du ciment.

Malgré l’existence déjà de trois producteurs sur le territoire, CIMTOGO (Heidelberg Group), WACEM (West African Ciment), et Diamond Company, le Groupe allemand Heidelberg Ciment Group, n’a pas hésité en 2012, à engager 150 milliards FCFA, dans la construction d’une usine de production de Clinker, dans la zone minière de Tabligbo.

Perspectives de croissance

Selon la BAD (Banque Africaine de Développement), le Togo devrait connaitre une croissance économique de 5,3% en 2020. Mais, avec la pandémie du Coronavirus, ces prévisions pourraient connaître une contraction.

Toutefois, l’activité économique cette année encore, devrait pouvoir bénéficier encore d’investissements publics et privés, sans compter le soutien du secteur primaire et du secteur extractif, avec la production et l’exportation de phosphate et de ciment.

L’économie devrait également, en principe tirer profit, des activités portuaires et aéroportuaires, aujourd’hui en pleine expansion.

L’on estime que le pays devrait aussi bénéficier de perspectives favorables pour les prochaines années, avec les BTP (Bâtiments et Travaux Publics), toujours dans l’agenda du gouvernement togolais, jusqu’à fin 2025, et avec l’octroi de  nouvelles licences d’exploitation minière, pour ce qui est des phosphates carbonatés et de l’or.

Autre ressource dont on ne parle guère, les hydrocarbures sur lesquelles les autorités fondent un grand espoir, surtout avec les dernières explorations de la compagnie italienne ENI, et qui pourraient faire entrer le pays, dans le club des pays  producteurs de pétrole, dans les prochaines années.

Les risques de dégradation

Mais le Togo qui s’inscrit dans une trajectoire d’émergence d’ici 2030, soit dans une dizaine d’années, doit avant, relever un certain nombre de défis majeurs.

En effet, et de l’avis d’observateur avertis, « plusieurs défis persistent… à court et à moyen termes, pour assurer une croissance durable et soutenue de l’économie » togolaise.

-La stabilité politique des institutions du pays est toujours source d’inquiétudes. Le pays pouvant à tout moment, renouer avec les tensions sociopolitiques, du fait des problèmes toujours non résolus, pour une cohésion sociale et politique.

– La dette publique, si l’on ne prend garde, pourrait très fortement peser encore longtemps sur les finances publiques, au point de conduire à l’accumulation d’arriérés de paiement et donner un coup d’arrêt aux programmes d’investissement.

– La persistance de la pauvreté, aussi bien dans les milieux urbains que ruraux, avec près de 60% de la population vivant sous le seuil de la pauvreté. D’où la nécessité d’une réduction de la pauvreté  par une croissance inclusive.

– L’amélioration du système judiciaire, aujourd’hui encore défaillant, et à plusieurs égards, la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance. Le pays n’arrivant toujours pas à se défaire de ce système, devenu  aujourd’hui un lourd handicap à un véritable développement.

– L’amélioration du système social, sanitaire et éducatif, où beaucoup d’efforts restent encore à faire. Ces secteurs n’ayant pas bénéficié de véritable accompagnements et attentions, au cours de ces dernières années.

D’où la nécessité  de repenser la stratégie de développement du pays, ou d’un retour aux fondamentaux, tels que prévus et inscrits dans le PND (Plan National de Développement).

Cogetra
Afficher plus

Articles similaires

Fermer