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Piraterie maritime : Le golfe de Guinée considéré comme la zone la plus dangereuse pour les compagnies pétrolières

Selon une étude du Bureau maritime international (BMI), le golfe de Guinée est devenu la zone de piraterie la plus dangereuse pour les compagnies pétrolières, avec un record des attaques au cours des dernières années. La région qui couvre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale surclasse ainsi le golfe d’Aden en Somalie tristement célèbre pour la piraterie particulièrement tournée vers les tankers.

Le premier trimestre de 2020 a été marqué par un pic de la piraterie maritime dans le monde entier, avec le golfe de Guinée qui enregistre 21 sur les 47 attaques déclarées. Par ailleurs, dix-sept membres d’équipage ont été kidnappés lors de ces attaques. En 2019, 38 attaques avaient été signalées sur toute l’année dans le monde. On compte 121 enlèvements pour le golfe de Guinée, soit 90 % du total des enlèvements en mer dans le monde.

Selon les experts, cette situation s’explique par le fait que le golfe de Guinée abrite au moins huit pays exportateurs de pétrole avec de vastes programmes d’exploration dans toute la zone qui verra en plus de nouveaux producteurs dans les prochaines années.

Il faut souligner que la majorité des incidents se sont produits dans les eaux territoriales nigérianes, en particulier autour du delta du Niger, dans les eaux équato-guinéennes, mais aussi, dans une moindre mesure, sur la plateforme maritime du port de Lagos.

Pour Verisk Maplecroft, cette tendance devrait se poursuivre et se renforcer cette année et l’année prochaine. Alexandre Raymakers, analyste principal pour l’Afrique chez Verisk Maplecroft, regrette le manque d’équipements et de personnel adéquats au sein des forces de sécurité de la région pour faire efficacement face au problème. Il rappelle aussi que la mauvaise redistribution de la manne pétrolière est la véritable base de ce phénomène.

En outre, l’analyste avertit que les compagnies pétrolières internationales comme ExxonMobil, Chevron, Shell, ENI et Total, qui opèrent au Nigeria, au Gabon et en Guinée équatoriale, sont particulièrement exposées à des risques de piraterie dans leurs chaînes d’approvisionnement dans la zone.

Au Nigeria, la piraterie a, en moyenne fait perdre 400 000 barils de pétrole brut par jour, ce qui équivaut à environ 1,5 milliard de dollars par mois. Cela représente près de 5% du PIB du pays.

Cogetra
Source
Agence Ecofin
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