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Nigéria : Abuja interdit les importations de produits alimentaires

Le président nigérian Muhammadu Buhari ne sait plus trop comment relancer l’économie de son pays, frappée par la chute des cours du pétrole. Il entend désormais interdire l’importation de produits alimentaires, pour inciter à  produire localement.

Le porte-parole de la présidence Garba Shehu l’a annoncé sur Twitter. Buhari a demandé à la banque centrale du Nigeria de bloquer la fourniture des devises étrangères. « La réserve de devises sera utilisée strictement à la diversification de l’économie, et non pas pour encourager l’importation de nourriture étrangère », a expliqué le président, selon son porte-parole. « Ne donnez pas un cent à qui que ce soit pour importer de la nourriture dans le pays. »

Selon le gouverneur de la Banque centrale, Godwin Emefiele, l’accès aux devises étrangères est interdit depuis deux semaines pour l’importation de lait. Une nouvelle fois, Muhammadu Buhari adopte une attitude très dogmatique pour relancer une économie atone. Déjà, lors de son premier mandat, il avait imposé des contrôles sur les importations de riz. Selon la BBC, cela a surtout dopé la contrebande à travers des frontières particulièrement poreuses.

A contrario, la présidence se félicite de voir dans plusieurs Etats du pays un retour très fort à la culture du riz, et encourage d’autres Etats à y participer. Selon Buhari, les jeunes Nigérians, y compris les diplômés, s’intéressent désormais à l’agrobusiness.

Mais ces mesures protectionnistes font surtout craindre une flambée du marché noir avec son corollaire, l’inflation. Ce qui ne va pas vraiment dans le sens de l’objectif que s’est fixé le gouverneur de la Banque centrale, Godwin Emefiele. Fraîchement reconduit à la tête de l’organisme, il a promis de ramener l’inflation à un chiffre, de viser une croissance à deux chiffres et de relancer l’emploi.

En fait depuis 2016 et la chute des cours du pétrole, le Nigeria se débat dans une crise économique amplifiée par sa dépendance aux hydrocarbures. Les ventes de brut représentent 90% des opérations de change du pays. La croissance est très faiblement repartie à 1,9% en 2018. A l’heure actuelle, le quart de la population active est sans travail. Un chiffre peu significatif vu l’ampleur de l’économie souterraine (…).

Cogetra
Source
France Info Afrique
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