Economie

Marché du pétrole : les États-Unis bientôt exportateurs nets de pétrole

Dès 2021, les États-Unis, qui développent à vive allure la production de pétrole de schiste, exporteront davantage de pétrole qu’ils n’en importeront, prévoit l’Agence internationale de l’énergie.

Les États-Unis s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur course à la puissance pétrolière. Dans deux ans, en 2021, ils deviendront exportateurs nets de pétrole et ils talonneront l’Arabie saoudite sur les marchés mondiaux, indique l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport annuel prospectif sur le pétrole publié lundi. En 2023, les États-Unis devraient exporter davantages de barils que la Russie. C’est plutôt une bonne nouvelle pour les consommateurs d’or noir. Cette évolution «va renforcer la sécurité sur le marché pétrolier mondial», en élargissant les choix de fournisseurs pour les pays importateurs, en particulier en Asie, prévoit l’AIE dans son étude qui couvre la période 2019-2024.

Cette nouvelle donne est liée à la révolution des hydrocarbures de schiste aux États-Unis entamée il y a une dizaine d’années maintenant. Elle a fait de ce pays, traditionnellement importateur d’or noir, l’un des principaux producteurs de pétrole de la planète et entraîné un bouleversement des marchés mondiaux. En 2014, la surabondance d’offre de brut avait entraîné la chute des cours du brut, une période difficile dont le secteur peine encore à se rétablir.

Les certitudes passées s’évanouissent

«C’est une époque extraordinaire pour l’industrie pétrolière, dans un contexte où la géopolitique devient un facteur plus important sur les marchés et où l’économie mondiale ralentit. Partout où l’on regarde, de nouveaux acteurs émergent et les certitudes passées s’évanouissent», résume Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE.

D’ici à 2024, les Etats-Unis vont ainsi encore alimenter 70% de la croissance mondiale des capacités de production de pétrole, avec 4 millions de barils par jour (mbj) supplémentaires, selon l’AIE. Globalement, les capacités de production vont croître de 5,9 mbj d’ici à 2024, malgré un recul attendu en Iran, du fait des sanctions américaines, et du Venezuela, touché par une crise politique et économique majeure.

A court terme, l’Opep (l’Organisation des pays exportateurs de pétrole) et ses alliés, emmenés par l’Arabie saoudite, continuent de soutenir la production afin de soutenir les prix du brut. L’accord Opep+ sur la réduction de la production de pétrole restera en l’état jusqu’en juin au moins, a déclaré lundi Khalid al-Falih, le ministre saoudien du Pétrole.

Cogetra
Source
Reuters
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