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Lutte contre les jihadiste au sahel : Élimination du chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique

Le chef historique d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l’Algérien Abdelmalek Droukdal, a été tué jeudi au nord-ouest de la ville malienne de Tessalit. Plusieurs de ses proches collaborateurs ont également été « neutralisés », a annoncé sur Twitter, la ministre française des Armées, Florence Parly.

L’émir d’Aqmi a été tué par les forces françaises dans le nord du Mali, près de la frontière algérienne, lors d’une opération avec les « partenaires » de la France.

« Abdelmalek Droukdal, membre du comité directeur d’Al-Qaïda, commandait l’ensemble des groupes qaïdistes d’Afrique du Nord et de la bande sahélienne, dont le JNIM, l’un des principaux groupes terroristes actifs au Sahel », selon la ministre française.

Les États-Unis ont précisé avoir fourni des renseignements qui ont aidé à traquer Abdelmalek Droukdal. « L’US Africa Command a été en mesure d’apporter son aide, avec des renseignements […] et un soutien pour bloquer la cible », a déclaré à CNN le colonel Chris Karns, porte-parole du commandement de l’armée américaine en Afrique.

Un « cadre important de l’EIGS » également capturé

Le chef d’Aqmi, dont le nom est parfois aussi orthographié Droukdel, a reçu l’allégeance de plusieurs groupes djihadistes actifs au Sahel, rassemblés depuis 2017 au sein du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), dirigé par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly. La France revendique également vendredi soir la capture d’un « cadre important de l’EIGS », le groupe djihadiste État islamique au Grand Sahara, rival du GSIM au Sahel et désigné ennemi numéro un par Paris.

« Les opérations contre l’État islamique au Grand Sahara, l’autre grande menace terroriste dans la région, se poursuivent également. Le 19 mai dernier, les forces armées françaises ont capturé Mohamed el Mrabat, vétéran du djihad au Sahel et cadre important de l’EIGS », annonce Florence Parly dans un autre tweet. La force française antidjihadiste Barkhane, forte de plus de 5 000 militaires, multiplie ces derniers mois les offensives au Sahel, pour tenter d’enrayer la spirale de violences qui, mêlées à des conflits intercommunautaires, ont fait 4 000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso l’an dernier, cinq fois plus qu’en 2016 selon l’ONU.

La force française antidjihadiste Barkhane, forte de plus de 5 000 militaires, multiplie ces derniers mois les offensives au Sahel pour tenter d’enrayer la spirale de violences qui, mêlées à des conflits intercommunautaires, ont fait 4 000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso l’an dernier. Une source proche du dossier a confié à l’Agence France-Presse que quelque 500 djihadistes avaient été « neutralisés » (tués ou capturés) au Sahel ces derniers mois par les militaires français, dont plusieurs figures importantes : cadres religieux, commandants, recruteurs, logisticiens…

Coup symbolique fort

La mort d’Abdelmalek Droukdal, grand nom d’Al-Qaïda, est un coup symbolique fort porté par la France en guerre au Sahel. Isolé en Algérie, il avait malgré tout des capacités de financement des réseaux sahéliens et un véritable rôle de chef, bien que de plus en plus contesté, indique à l’Agence France-Presse une source proche du renseignement français. Sa mort, et celles à confirmer d’autres cadres d’Al-Qaïda, pourrait désorganiser la filière sahélienne de cette franchise djihadiste, engagée dans une lutte d’influence avec la filiale sahélienne de l’État islamique (EIGS).

Né en 1971 dans un quartier pauvre de la grande banlieue d’Alger, Abdelmalek Droukdal rejoint les Groupes islamiques armés (GIA) en 1993. À la fin des années 1990, il participe à la fondation du GSPC algérien (Groupement salafiste pour la prédication et le combat). Élu en Algérie en 1999, le président Abdelaziz Bouteflika réussit à convaincre la plupart des groupes armés de rendre les armes. Le GSPC, lui, refuse. Abdelmalek Droukdal décide alors de se rapprocher d’Al-Qaïda. Son affiliation à l’organisation terroriste d’Oussama ben Laden est confirmée en 2006. En janvier 2007, le GSPC est rebaptisé « Al-Qaïda pour le Maghreb islamique » (Aqmi).

À partir d’octobre 2011, l’émir d’Aqmi cherche à élargir ses activités au Sahel. Il le fera par le biais d’Ansar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghaly, l’un des groupes qui prennent en 2012 le contrôle du nord du Mali jusqu’au lancement en janvier 2013 d’une opération internationale pour les en chasser, France en tête. En mars 2017, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) est créé. Il réunit plusieurs formations djihadistes liées à Aqmi sous la direction de Iyad Ag Ghaly. Cette alliance, qui depuis sa création a revendiqué les principaux attentats dans le Sahel, a été placée sur la liste noire américaine des « organisations terroristes ».

Cogetra
Source
AFP
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