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Lutte contre le trafic de faux médicaments : Un sommet de Chefs d’Etats africains à Lomé pour une initiative forte

Bien qu’illicite, le trafic de faux médicaments continue de prospérer sur les marchés africains. « Un trafic, 50 fois plus rentable que la drogue, avec un chiffre d’affaire mensuel d’environs 200 milliards de dollars Us, et qui fait annuellement dans le monde, plus de 900 mille morts ». Et c’est pour contrer ce fléau, aux conséquences néfastes sur la santé des populations, que va se tenir du 17 au 18 janvier prochain à Lomé, un sommet des  Chefs d’Etats africains, sur le trafic des médicaments falsifiés et de qualité inférieure.  

Une rencontre qui regroupera dans la capitale togolaise, huit Chefs d’Etats, en plus d’anciens chefs d’Etats, et d’imminentes personnalités issues du domaine médical, pour lancer ce qu’il conviendra d’appeler – « l’initiative de Lomé »,  qui sera un engagement des dirigeants africains, à lutter contre les faux médicaments.

De la nécessité de relever le défi

Pour Moustapha Mijiyawa, ministre togolais de la santé, « les faux médicaments, 50 fois plus rentables que la drogue, font actuellement un chiffre d’affaire de 200 milliards de dollars par mois, et tuent beaucoup plus que le paludisme ».

Mais paradoxalement, l’arsenal juridique pour combattre le phénomène reste léger, et presque inexistant dans certains pays. Un fossé donc, entre la gravité du problème, et les sanctions prises contre les trafiquants, qui continuent de prospérer dans leurs activités.

Mieux, ce trafic estimé à 10% dans les pays développés, est beaucoup plus présent et développé, dans les pays subsahariens dont le Togo, avec un pourcentage estimé entre 30 et 50% des médicaments en circulation dans la région.

« L’initiative de Lomé » pour relever le défi

Pour le Ministre de la santé, la rencontre de Lomé qui a pour objectif de prendre le problème à bras le corps, au plus haut niveau des pouvoirs décisionnels africains, pour une solution concertée, durable et implacable, devra permettre de créer un cadre juridique à la hauteur de l’enjeu, et prendre des dispositions pour sa mise en œuvre.

En outre, elle devra également permettre aux Chefs d’Etats africains, de signer des conventions contraignantes, contre la fabrication et la distribution des faux médicaments.

Le Togo dans sa lutte contre les faux médicaments

La vente des faux médicaments sur les marchés togolais est une réalité bien connue. Ainsi pour lutter contre ce fléau qui chaque jour, met en danger la vie de populations, qui déjà peinent à accéder à des soins de santé de qualité, les autorités togolaises vont opter pour l’information et la répression.

Côté information, des initiatives telles que la formation des acteurs, les séances de sensibilisation de masse, et des conférences débats, initiées à l’endroit des populations.

Au plan répression, la lutte reste permanente, mais avec des résultats, tout à fait relatifs, de l’avis de plusieurs observateurs. Ce malgré des saisies de médicaments contrefaits, le renforcement de la CAMEG (Centrale d’achat des médicaments essentiels et génériques) et le renforcement du Laboratoire de contrôle des médicaments.

Autres dispositions et pas des moindres, dont dispose le pays dans sa lutte contre  le trafic illicite de faux médicaments, le Code pénal et le Code de la santé publique, ainsi que l’Office centrale de répression de trafic illicite de drogue et du blanchiment.

Mais, en dépit de l’existence de toutes ces dispositions, la bataille est loin, très loin d’être gagnée. D’où l’initiative de Lomé, qui devrait permettre des actions concertées, élargies, régionales, voire continentales, pour une meilleure prise en compte d’un phénomène, plus vaste, plus structuré, et aux dimensions internationales.

Cogetra
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