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Lutte contre le chômage : L’entrepreneuriat social, la solution ?

Face à la montée du chômage, qui touche de plus en plus de monde, à la faiblesse du pouvoir d’achat d’une population active, qui de jour en jour se réduit, et à une économie, qui peine à se relancer, le gouvernement togolais veut voir en l’entrepreneuriat, la solution à la réduction de la pauvreté, et à l’amélioration des conditions de vie aux populations. Mais, encore faut-il que les conditions soient réunies.

Ces dernières années, les autorités togolaises se sont progressivement résolues, à promouvoir l’entrepreneuriat, comme moteur du développement, et condition d’amélioration des conditions de vie des populations. Il s’agit là, d’un défi urgent, à relever, sous peine de voir la situation empirer et  échapper à tout contrôle.

Apparu dans les années 90, l’entreprenariat social, au-delà de contribuer à réduire le chômage, et à lutter contre la pauvreté, reste « une manière d’entreprendre qui place l’efficacité économique au service de l’intérêt général. Quel que soit le statut juridique des entreprises (association, coopérative, société, …), leurs dirigeants font du profit, un moyen, non une fin en soi», selon le MOUVES (Mouvement des entrepreneurs sociaux en France). Vu sous cet angle, il peut alors apparaître comme un moyen efficace, de relance économique. Selon des chiffres officiels, le taux de pauvreté au Togo, qui était de près de 62% en 2006, serait tombé à 55% en 2015, grâce à divers programmes, lancés par le gouvernement. Pour Victoire Tomégah-Dogbé, la ministre togolaise en charge du Développement à la base et de la Jeunesse, « l’un des leviers de réduction de la pauvreté, est la promotion de l’entreprenariat à la base, un entreprenariat social ou communautaire, qui allie la génération de profit à des bénéfices pour la communauté, tels que l’accroissement des revenus des pauvres, et la création des emplois pour les jeunes et les femmes», Une façon d’indiquer, que l’entreprise sociale demeure l’une des préoccupations majeures de l’Etat togolais, dans sa volonté de relever les défis cruciaux du développement, et plus particulièrement dans le domaine de l’emploi. En effet, le chômage au Togo reste un véritable casse-tête. Et selon une enquête (QUIBB 2011-2012), 6,51% de la population active togolaise, sont touchés par le chômage, tandis que 22,76% sont dans le sous-emploi. Et même s’il s’agit de chiffres, que relativisent les activistes des droits humains, estimant que la plupart des jeunes diplômés, souvent sans emploi, ne sont pas enregistrés, il s’agit tout de même de chiffres alarmants! Des sources proches de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE), les jeunes de 15 à 35 ans, sont les plus grandes victimes du chômage, alors que les jeunes femmes (22,06%), sont les plus sujettes au sous-emploi. En 2012, l’agence a enregistré plus de 13.000 demandes d’emploi, et un an plus tard, 6.785 dossiers supplémentaires. Et l’administration publique, longtemps premier employeur du pays, n’emploie aujourd’hui, plus que seulement 0,13% de la population active. Dans ce contexte, l’entrepreneuriat social se présente comme la solution à la crise de l’emploi; que vivent depuis au moins deux décennies, et gouvernés, et gouvernants.

Promotion de l’entrepreneuriat social

Les mesures d’accompagnement et de promotion de l’entrepreneuriat social constituent aujourd’hui le socle de la politique de développement à la base et de la jeunesse du gouvernement togolais. En ce sens, plusieurs projets ont été initiés, ou en cours, pour assister les populations, surtout les plus vulnérables, à s’organiser en groupements, ou en coopératives, de manière à pouvoir accéder aux crédits, et autres mécanismes financiers, mis en place par le gouvernement, à travers l’Agence nationale du développement à la base (ANADEB). Dotée de plusieurs représentations, l’ANADEB facilite ainsi l’appui financier à l’entrepreneuriat social. Plusieurs autres mécanismes ont depuis vu le jour pour compléter le dispositif. Le Fonds d’appui aux initiatives et aux entreprises des jeunes (FAIEJ), le Programme d’aide au développement à la base (PRADEB), l’Agence nationale de promotion et de garantie de financement des PME/PMI (ANPGF), le Fonds national de finance inclusive (FNFI), en font partie. Toujours en ce sens, des dispositifs d’accompagnements techniques et technologiques, ont été mis en place. C’est le cas dans le domaine agricole, où des plateformes multifonctionnelles existent depuis quelque temps, pour permettre aux exploitants agricoles, de transformer leurs produits de manière optimale et efficiente. Sur le plan technique, des ateliers de formation et de renforcement des capacités sont souvent organisés, pour initier les promoteurs, à la gestion des projets, surtout ceux à s’être engagés dans l’entrepreneuriat social. De quoi susciter des vocations et encourager la pérénité.

Encore des écueils à surmonter

Le constat est clair et le gouvernement n’a cessé de l’affirmer. L’entrepreneuriat social est une bouée de sauvetage à la pauvreté juvénile et féminine. Cependant, il reste encore du chemin à faire pour atteindre les résultats escomptés. Victoire Dogbé, ministre du Développement en a conscience. «Pour aller plus loin dans le développement de l’entreprenariat social, le Togo considère deux perspectives spécialisées additionnelles; l’une consiste à élever le niveau des entreprises sociales féminines pour un impact plus large et plus durable, et l’autre est d’élargir la base des entreprises sociales en facilitant l’inclusion des groupes les plus vulnérables et les moins représentés», résume-t-elle. Principal défi aujourd’hui dans l’entrepreneuriat social, promouvoir et emmener les initiatives à la performance, à la compétitivité, et à nourrir des ambitions d’extension, afin de bâtir des entreprises de taille, susceptibles de contribuer efficacement à la résorption du chômage.

Cogetra
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