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L’UE joue son va-tout pour sauver l’accord nucléaire avec l’Iran

Les Européens sont décidés à jouer leur va-tout pour sauver l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, mais l’impossibilité de contourner les sanctions américaines leur laisse peu de chances de répondre aux attentes de Téhéran, ont averti leurs ministres des Affaires étrangères réunis lundi à Bruxelles.

“L’accord n’est pas encore mort” et l’UE veut donner à l’Iran “une possibilité de revenir sur ses mesures en contravention avec ses engagements”, a affirmé le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt à son arrivée pour une réunion avec ses homologues de l’Union.

Les Européens déplorent la décision de Téhéran de produire désormais de l’uranium enrichi à au moins 4,5%, un niveau prohibé par l’accord. “Les mesures iraniennes sont réversibles et nous appelons les autorités iraniennes à revenir sur leur décision”, a plaidé la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini à l’issue de la réunion.

Mais les autorités iraniennes veulent des actes. Les Européens doivent faire “la preuve de leur volonté politique et de leur capacité” à permettre que l’Iran “bénéficie en pratique” de l’accord, a soutenu le porte-parole iranien des Affaires étrangères Abbas Moussavi dans un communiqué.

Les Européens espèrent convaincre les Iraniens de leur volonté de les aider avec l’utilisation de l’Instex, un mécanisme de troc créé pour contourner les sanctions américaines en évitant d’utiliser le dollar. Les achats iraniens en Europe seront compensés par des achats européens

L’extraterritorialité des sanctions américaines a abouti au retrait d’Iran des entreprises européennes et le commerce s’est effondré, selon le résumé d’un diplomate européen.

L’Iran ne peut plus exporter son pétrole, et est ainsi privée de l’essentiel de ses revenus. Les exportations de pétrole sont tombées de 1,5 million de barils par jour à 700.000 barils par jour, ce qui est insuffisant pour maintenir une économie viable, souligne-t-on de source européenne.

“Nous ne reconnaissons pas l’extraterritorialité” des lois américaines imposée par Washington, a tempêté l’Espagnol Josep Borrell, désigné pour remplacer l’Italienne Federica Mogherini à la tête de la diplomatie européenne si sa nomination est approuvée par le Parlement européen.

“Si l’Iran arrive à posséder l’arme nucléaire, d’autres pays de la région vont l’acquérir et la situation va devenir très dangereuse”, a pour sa part averti Jeremy Hunt. “L’Iran n’est pas encore en mesure de développer une arme nucléaire et nous voulons que le Moyen-Orient reste sans armes nucléaires”.

Cogetra
Source
AFP
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