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L’économie mondiale et le coronavirus : Le FMI appelle à des mesures économiques « concertées et globales »

Alors que les investisseurs ont allégé leur portefeuille de près de 42 milliards de dollars d’actifs dans les marchés émergents depuis le début de la crise sanitaire Covid-19, le FMI s’alarme des conséquences sur l’économie mondiale. L’institution recommande une série de mesures pour éviter le pire.

« Si la mise en quarantaine et la distanciation sociale sont la bonne prescription pour lutter contre l’impact de Covid-19 sur la santé publique, l’inverse est nécessaire pour garantir l’économie mondiale », démarre Kristalina Georgieva dans le document Les étapes politiques pour faire face à la crise du coronavirus. Et de poursuivre : « Un contact constant et une coordination étroite sont les meilleurs remèdes pour s’assurer que le dommage économique infligé par ce virus ne soit que de courte durée. »

Le FMI,  selon lequel « les arguments en faveur d’une relance budgétaire mondiale coordonnée et synchronisée pour renforcer la confiance se renforcent », propose de se focaliser sur trois axes : des mesures fiscales ; des mesures monétaires ; des mesures réglementaires.

Adaptation de la politique budgétaire pour soutenir les personnes et les entreprises

« Comme l’a indiqué l’Institut pour la finance internationale (IIF) la semaine dernière, les investisseurs ont 42 milliards de dollars des marchés émergents depuis le début de la crise. Il s’agit du plus grand flux sortant jamais enregistré », relève le FMI, qui juge « impératif » que des subventions soient mises en place pour les entreprises touchées par des fermetures afin d’éviter les faillites en cascade et les licenciements massifs, qui auraient des effets durables affectant la reprise future et un impact négatif sur la demande globale.

Les gouvernements doivent également soutenir les ménages à faibles revenus pour leur garantir un niveau de vie minimum.

« Une relance budgétaire généralisée contribuera à soutenir la demande globale », affirme également le FMI. L’institution internationale encourage en effet les gouvernements à stimuler l’investissement ou réduire les impôts, en fonction de l’évolution de la crise sanitaire et de la disponibilité budgétaire.

Selon le FMI, la réponse du G20 a été opportune mais reste jusqu’à présent inférieure à celle de la dernière crise financière global (de 2009). Or, si l’institution estime qu’étant donné sa nature sanitaire, la crise actuelle devrait être « plus courte » que celle de 2009, elle souligne l’urgence de protéger les économies les plus faibles, qui dépendent de la croissance mondiale. « Les mesures de relance budgétaire du G20 ont représenté environ 2 % du PIB, soit plus de 900 milliards de dollars (en valeur actuelle), rien qu’en 2009. Il reste donc beaucoup de travail à faire », insiste Kristalina Georgieva dans un communiqué.

Le rôle des banques centrales est crucial pour soutenir la demande

« Les banques centrales devraient fournir des liquidités pour soutenir le fonctionnement du marché et atténuer les tensions sur les principaux marchés de financement », prescrit le FMI sur le volet monétaire de son analyse.  Il recommande ainsi la mise en œuvre d’opérations d’open market, de prêts à terme élargis et d’autres mesures telles que les achats fermes et les mises en pension.

« L’assouplissement monétaire soutiendra la demande et la confiance tout en réduisant les coûts d’emprunt pour les ménages et les entreprises », poursuit le FMI. « En plus des baisses de taux (là où il y a de la marge de manœuvre), des mesures de relance peuvent être fournies par des orientations prospectives sur la trajectoire attendue de la politique monétaire et l’expansion des achats d’actifs (y compris les actifs risqués) ».

L’institution financière recommande par ailleurs la mise en place temporaire de mesures ciblées pour soutenir les secteurs les plus durement touchés. Et appelle les banques centrales du G7à coordonner leurs actions pour assurer la stabilité de l’économie mondiale et des marchés financiers.

En ce qui concerne les économies émergentes, notamment en Afrique, la politique monétaire devra équilibrer l’amortissement de la croissance et la lutte contre les pressions externes, notamment les chocs des prix des produits de base et les inversions des flux de capitaux.

Le rôle central de la politique réglementaire

« La réponse réglementaire devra viser à maintenir l’équilibre entre la préservation de la stabilité financière, le maintien de la solidité du système bancaire et le maintien de l’activité économique », souligne le FMI.

Les banques doivent s’appuyer sur les tampons existants pour absorber les coûts de restructuration

L’impact économique du coronavirus devant affecter la capacité des emprunteurs à rembourser leurs prêts et le niveau des bénéfices des banques, « les banques devraient être encouragées à faire preuve de souplesse dans les réglementations existantes et à entreprendre une renégociation prudente des conditions de prêt pour les emprunteurs en difficulté ».

Le FMI insiste sur la transparence et la mise en place de rapports de surveillance améliorés pour surveiller les tensions de liquidité. « Les banques devraient s’appuyer sur les tampons existants (de conservation de capital par exemple) pour absorber les coûts de restructuration », avertit l’institution.

Et le FMI de rappeler que dans les crises passées, les mesures de subventions et les allègements fiscaux destinés aux petits emprunteurs, ainsi que les garanties de crédit et les programmes d’achat d’actifs, on permis de rétablir la confiance « et d’endiguer la crise systémique ».

Cogetra
Source
Jeune Afrique
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