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Le Togo de 1960 à aujourd’hui : Une histoire mouvementée

Le drapeau à étoile blanche sur fond rouge, barré de lignes horizontales jaunes et vertes, flotte pour la première fois dans les bâtiments officiels du Togo ce 27 avril 1960. Ce jour-là, le pays obtient l’indépendance, et fait son entrée dans la communauté internationale. Il met fin, aussi, à plus d’un siècle de domination entamée dans la seconde moitié du XIXe siècle. À cette période, des comptoirs portugais, danois ou encore hollandais sont déjà disséminés sur le territoire. Mais le 5 juillet 1884, un explorateur allemand, Gustav Nachtigal, va plus loin. Sur la plage de Baguida, il signe un accord de protectorat avec un chef local, le roi Mlapa III. La colonisation du Togo et l’annexion de ses territoires commencent.

Le « Togoland » d’après la conférence de Berlin

L’année suivante, la conférence de Berlin, qui consacre le partage de l’Afrique entre nations européennes, officialise le « Togoland » en tant que colonie allemande sur un territoire couvrant plus de 90 000 km². Mais la Première Guerre mondiale, dont les combats s’élargissent aux colonies européennes du monde, y met fin trente ans plus tard. En 1914, les forces françaises envahissent le Togoland depuis le Dahomey à l’est. Les Britanniques, qui occupent la Gold Coast, pénètrent le territoire allemand par l’ouest. Après la défaite de l’Allemagne en 1918, le Togo devient un pays sous mandat de la Société des Nations (SDN), ancêtre des Nations unies. Il est partagé entre la France et la Grande-Bretagne.

L’après-guerre, période charnière

L’entre-deux-guerres entérine l’occupation étrangère au Togo. Les deux puissances coloniales, chacune de son côté, s’efforcent de supprimer toute trace de la présence allemande et assoient leur domination via des mesures spécifiques appliquées dans les secteurs de l’économie et de l’éducation. Un arrêté de 1922 impose par exemple le français comme la seule langue d’apprentissage au détriment des langues locales.

Après la Seconde Guerre mondiale en revanche, une volonté de changement est perceptible. En 1946, le Togo français est détaché de l’Afrique occidentale française (AOF) et obtient sa propre représentation au Parlement français. Dix ans plus tard, alors que les Britanniques intègrent leur partie du Togo à la Gold Coast, actuel Ghana, de l’autre côté, on touche (presque) au but : le 30 août, le Togo français devient une république autonome au sein de l’Union française.

Une vie politique se met alors en place, indépendamment de l’autorité française et britannique. Les partis se divisent alors en deux camps : celui de Sylvanus Olympio, partisan dans un premier temps d’un état Ewe, puis défenseur d’un État réunifié, fondateur du Comité de l’unité togolaise (CUT). Et celui du Parti togolais du progrès qui devient le Mouvement populaire togolais (MPT), partisan de l’abolition de la tutelle, mais en association étroite avec la France.

Le 27 avril 1958, l’indépendance se dessine un peu plus avec l’organisation d’élections sous l’égide de l’ONU. La victoire du CUT est écrasante. Sylvanus Olympio est nommé Premier ministre et est chargé de former un gouvernement. La transition est en marche et débouche sur l’indépendance pleine et entière du Togo le 27 avril 1960.

 

Par Marlène Panara

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