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L’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo, un panafricaniste avant tout

Edem Kodjo, est décédé samedi à Paris à l’âge de 82 ans. L’ancien secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), l’ancêtre de l’UA, était à la fois un grand homme d’Etat, un écrivain et un panafricaniste hors-pair, selon les témoignages recueillis.

Deux fois Premier ministre du Togo, d’avril 1994 à aout 1996 puis de juin 2005 à septembre 2006, Edem Kodjo était un homme politique de consensus, mais également un panafricaniste revendiqué.

Candidat à l’élection présidentielle de 1993, l’homme se réclamait plutôt du centre. Ses positions politiques centristes lui ont valu d’être critiqué par l’opposition radicale de “trop proche du pouvoir”. Pourtant, Edem Kodjo est considéré par l’ancien Premier ministre Togolais, Me Joseph Kokou Koffigoh, comme l’un des artisans du processus de démocratisation au Togo et père du concept du “grand pardon“.

Me Joseph Kokou Koffigoh, ancien premier ministre togolais, Lomé, le 6 novembre 2019, à la foire du Livre. (VOA/Kayi Lawson)
Me Joseph Kokou Koffigoh, ancien premier ministre togolais, Lomé, le 6 novembre 2019, à la foire du Livre. (VOA/Kayi Lawson)
Edem Kodjo estimait que la démocratie ne pouvait prospérer au Togo que s’il y avait une sorte d’entente ou de tolérance entre les tenants de l’ancien pouvoir et ceux qui sont les nouveaux acteurs du processus politique. Et c’est ce concept qu’il a appelé ‘le grand pardon’ “, a expliqué l’avocat Koffigoh à VOA Afrique.

“Il a apporté sa part. Il a contribué à la lutte politique pour l’avènement de la démocratie, jusqu’à sa candidature aux élections présidentielle de 1993”, ajoute celui que le défunt appelait affectueusement “petit-frère”.

L’ancien secrétaire de l’organisation de l’unité africaine (OUA), l’institution qui sera remplacée par l’Union africaine, était un panafricaniste dévoué. Il avait suivi les pas de Kwame Nkrumah et de Sékou Touré, en mettant à la disposition du continent un manifeste pour une réelle intégration, selon des contemporains.

On lui doit la rédaction et le lancement de ce qu’on a appelé à l’époque, au milieu des années 1980, le ‘Plan d’action de Lagos’, qui devrait réaliser l’intégration africaine et l’unité africaine, bien avant la création de l’Union africaine”, a fait noter Me Joseph Kokou Koffigoh, avant de souligner que “Edem Kodjo défendait, avec bec et ongle, l’idée du panafricanisme”.

Kodjo était également un grand écrivain.

Quelques heures après l’annonce de son décès, le jeune poète Togolais, Armand Esso, lui dédie quelques vers. L’écrivain qui a cassé sa plume était la lanterne du jeune poète fait savoir ce dernier.

Armand Esso, poète togolais, à Lomé, le 11 avril 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Armand Esso, poète togolais, à Lomé, le 11 avril 2020. (VOA/Kayi Lawson)
J’ai rencontré Edem Kodjo, il y a de cela 1 an au-delà. Il m’a même donné 4 de ses ouvrages. Edem Kodjo est un mentor qui m’a promis de préfacer un de mes ouvrages, qui d’ailleurs le tapuscrit est actuellement sur sa table”, a-t-il témoigné, regrettant que Edem Kodjo n’a pas pu préfacer son ouvrage avant de rejoindre l’autre rive. Pour Armand Esso, l’ancien Premier ministre est une réelle perte pour le Togo voire pour le continent africain.

 

Le Togo a perdu un grand homme, un citoyen hors-pair, qui a un talent spécial et qui est une référence. Au-delà de ses écrits, c’est un panafricaniste”, a commenté le poète Armand Esso.

Fondateur de l’ONG panafricaniste “Pax Africana”, Edem Kodjo est auteur de plusieurs ouvrages. On peut citer entre autres “Et demain l’Afrique“, “Au commencement était le glaive” ou encore “Lettre ouverte à l’Afrique cinquantenaire“.

Il est également salué pour son rôle dans la médiation des conflits en Afrique.

Cogetra
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