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Hôtellerie togolaise : Radisson Blu se retire

Coup dur pour l’hôtel 2 Février, à peine remis en selle, et l’hôtellerie togolaise. Le groupe hôtelier suédois, Carlson Rezidor, propriétaire de la marque Radisson Blu, se retire de l’exploitation de l’emblématique hôtel, sur lequel capitalisent les autorités togolaises, pour remettre Lomé, au cœur des grandes rencontres internationales.

Un retrait qui pose problèmes :

 La nouvelle a de quoi surprendre plus d’un. Surtout qu’il y a à peine quelques mois, pour ne pas dire un an, que l’Hôtel 2 Février renaissait, après avoir sombré durant plus d’une décennie, sous le prestigieux label, Radisson Blu, au dernier trimestre 2016.

Un hôtel 5 étoiles, qui aura nécessité grands frais, pour ne pas dire, la cinquantaine de milliards de FCFA, pour sa rénovation, et accueillir en octobre 2016, le sommet de l’Union Africaine sur la sureté et la sécurité maritimes en Afrique. Un vrai test pour le groupe hôtelier, et les autorités togolaises, sur la dimension et les capacités réelles de ce grand hôtel, à pouvoir s’insérer dans la stratégie de relance des grandes rencontres internationales à Lomé. Mais, c’est sans compter avec tout le montage politico-économique d’un dossier, qui aura permis de faire renaitre de ses cendres, cette grande infrastructure hôtelière.

La question de la concession  faite au groupe hôtelier mauricien :

 Vrai-faux groupe hôtelier, ou faux-vrai groupe hôtelier, la question demeure. Toujours est-il que cette société, du nom de Kalyan Hospitality Development Limited, avec laquelle l’Etat togolais va signer la convention de concession, pour la reprise et l’exploitation de l’hôtel, sera créée de toutes pièces en 2015 au Togo, et relever du droit togolais, avec ses avantages et ses inconvénients.

Autre curiosité, une fois la concession obtenue, cette dernière s’empressera d’aller chercher un autre exploitant, cette fois-ci, un vrai groupe hôtelier, mondialement connu et ayant toute l’expérience hôtelière, pour venir prendre en charge l’exploitation de l’hôtel.

Alors, se pose la question de savoir, pourquoi un intermédiaire, qui apparemment, n’a ni les moyens financiers, ni l’expérience nécessaire, pour relever ce double challenge, qui est de rénover et d’exploiter cette grande infrastructure hôtelière, sous un label 5 étoiles. Et pourquoi en lieu et place d’un intermédiaire, les autorités togolaises ne se sont directement adressées, à un groupe hôtelier, de dimension internationale. Et en l’occurrence, le suédois Carlson Rezidor, si tel est qu’elles veulent s’assurer un avenir pour cet hôtel.

Encore et surtout, que l’essentiel du financement, ayant servi à la rénovation de l’hôtel, a été apporté et ou cautionné, par l’Etat togolais, qui à l’occasion, a été obligé de s’engager auprès de banques, et autres institutions financières.

L’éternel problème de rentabilité :

 Il faudra bien se rendre à l’évidence. Même rénové, et à grands frais, le Radisson Blu Hôtel 2 Février était loin de rivaliser avec plusieurs grands noms 5 étoiles, de la sous-région, et de la région. Une rénovation inachevée, pourrait-on même dire, avec un extérieur et des alentours, loin de refléter les attraits, et la parure des hôtels 5 étoiles. De quoi d’ailleurs refroidir une certaine classe, habituée à un haut niveau de prestations et d’exigences.

Mais, plus préoccupant, l’inexistence d’un vrai marché, d’une vraie clientèle abonnée aux 5 étoiles, et à flux constant sur Lomé. La clientèle existante, étant beaucoup plus de 2 à 3 étoiles. Chose qui dès le départ, devait être sue des candidats à la reprise de l’hôtel. Et surtout que, sur ce segment de la clientèle, les hôtels Sarakawa et Onomo, étaient déjà bien positionnés.

Un vrai challenge donc, que pouvaient difficilement relever, les quelques rares conférences internationales, que l’Etat togolais, pouvait espérer attirer à Lomé.

Comment se sortir de ce bourbier ?

 L’urgence du moment, pour les autorités togolaises, c’est à coup sûr, sauver l’organisation du prochain sommet Israël-Afrique à Lomé, que l’Hôtel 2 Février, est appelé à abriter.

Mais, une solution, ou quelque alternative de circonstance, ne peut être que parfaitement  provisoires. Car, une fois cet évènement passé, il va falloir repenser totalement, le positionnement et l’exploitation mêmes de cet hôtel, à moins de voir le mal empirer, et devoir envisager de nouveau, une nouvelle cession, et toujours au détriment du pays.

Une remise en cause, qui naturellement, devra passer par l’éjection de Kalyan Group, un intermédiaire devenu encombrant, parce que sans intérêt, commercialement parlant, mais malheureusement, avec des compensations incontournables. Le cas libyen étant loin d’être soldé.

Cogetra
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