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Guinée : L’opposition appelle à la résistance

À moins d’un mois des élections législatives, l’opposition guinéenne durcit le ton et dénonce la volonté supposée du président Alpha Condé de doter le pays d’une nouvelle constitution qui pourrait lui permettre de briguer un nouveau mandat, en octobre, lors de l’élection présidentielle. L’opposition fustige aussi le manque de fiabilité du système électoral.

L’opposition guinéenne compte maintenir la pression sur le président Alpha Condé jusqu’à la satisfaction de ses revendications.

“S’ils mettent le pied sur l’accélérateur, ils comprendront que nous utiliserons les moyens légaux pour empêcher ce scrutin. Nous prendrons la rue. La manifestation dans ce pays est garantie par l’article 10 de la constitution en vigueur”, explique Lansana Faya Millimono, président du bloc libéral (BL) et membre du FNDC.

Le Front national de défense de la constitution ne compte donc plus seulement boycotter mais bien empêcher la tenue des prochaines élections. De grandes mobilisations devant des institutions de la République sont annoncées dans le pays.

Même s’ils ne l’ont pas clairement exprimé, les opposants veulent s’inspirer du scénario soudanais qui a abouti au départ de l’ancien président Omar el-Béchir le 11 avril 2019.

“Il y a beaucoup d’exemples sur le continent qui ont inspiré les jeunes. Du moment où ce sont des expériences qui ont donné des résultats, pourquoi pas ?”, insiste Aliou Bah du Model, Mouvement démocratique libéral.

Avec l’appel à une mobilisation illimitée, l’opposition fait encore monter d’un cran la contestation qui a déjà fait une vingtaine de morts depuis octobre 2019.

L’opposition est convaincue que le président Alpha Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, entend se représenter fin 2020 alors que la constitution actuelle limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Le gouvernement guinéen a adressé une vigoureuse mise en garde à l’opposition qui appelle à une mobilisation massive à partir de ce lundi.

Les précédentes manifestations de l’opposition avaient été durement réprimées par les forces de l’ordre. Elles ont causé depuis mi-octobre (2019) la mort d’une vingtaine de civils et d’un gendarme.

Cogetra
Source
DW Afrique
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