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Gestion publique : le Togo pris au piège de la dette jusqu’en 2019

Après des investissements tous azimuts, durant la période 2012-2016, avec pour conséquence, un endettement accru, le Togo ne pourra plus désormais prétendre, à de nouveaux emprunts non concessionnels; ces derniers étant depuis, plus encadrés. C’est là un des enseignements, que l’on peut retenir du dernier Rapport «Perspectives Economiques en Afrique» de la Banque Africaine de Développement (BAD), publié lundi dernier, en marge des Assemblées annuelles de l’institution. Rapport qui revient sur l’Accord conclu avec le Togo, au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC). Un véritable handicap pour Lomé, habitué jusque-là, à doper sa croissance par des investissements publics, qui n’ont fait que faire grimper la dette publique, et de façon considrable.

Mardi 03 janvier 2017. L’exécutif annonce, par le biais d’un communiqué sanctionnant un Conseil des ministres, tenu le même jour, que des discussions étaient en cours avec le Fonds monétaire international (FMI), en vue d’un Programme sur 3 ans. Ce programme, devant permettre «à notre pays, de maîtriser son endettement tout en soutenant notre croissance économique, en vue de créer la richesse, nécessaire pour l’amélioration des conditions de vie des populations». Quatre mois plus tard, le FMI d’annoncer que son Conseil d’administration a approuvé le nouvel accord en faveur du Togo, au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), pour un montant de 176,16 millions de DTS (120 % de la quote-part du Togo, soit environ 241,5 millions de dollars américains). Ceci, «en appui aux réformes économiques et financières entreprises par le pays». Une décision, qui va permettre un premier décaissement immédiat, d’environ 34,5 millions de dollars. Le reste, devant être échelonné sur la durée du programme, c’est-à-dire trois ans, sous réserve de revues semestrielles. En effet, le nouveau programme conclu avec le FMI, vise à réduire le déficit budgétaire global, de manière considérable, dès ce début, afin d’assurer la viabilité à long terme de la dette, et de la position extérieure, et de corriger les faiblesses du secteur financier, surtout dans les deux banques publiques, dont l’Etat a autorisé la fusion. Par ailleurs, il vise également à consolider la stabilité macroéconomique, et à promouvoir une croissance durable, et inclusive, tout en ciblant les dépenses sociales, et en engageant des dépenses dans les infrastructures, viables sur le plan financier. Cette croissance, longtemps portée par le niveau élevé des investissements publics, engagés par le gouvernement, pour s’attaquer aux déficits en infrastructures, a connu un ralentissement en 2016 (5% contre 5,3 % un an plus tôt), après la courbe haussière observée depuis 2012. Une tendance qui fait du Togo, l’un des pays les mieux en forme du moment de l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine), derrière la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Et pour cause, Lomé, acculé par le poids d’une dette passée de 75,4% du Pib en 2015, à 76% (contre un plafond de 70% fixé par l’UEMOA), ne sera plus en mesure de financer ses programmes, avec des activités économiques en baisse, et un port tournant au ralenti, avec des trafics-marchandises détournés vers d’autres ports de la sous-région.

Selon le rapport élaboré et présenté conjointement par la BAD, le Centre de développement de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), l’accord du FMI destiné à financer le programme (2017-2019), «considère que l’État ne peut plus contracter de nouveaux emprunts non concessionnels, sachant que les emprunts concessionnels, sont encadrés». Et de poursuivre que la dette publique pourrait baisser de 76% du PIB en 2016, à 56,4% à l’horizon 2021, à condition bien sûr, que les efforts de désendettement soient poursuivis. Par ailleurs, les réformes prévues par le programme, devraient conduire à une consolidation de la croissance, projetée à 5,1% cette année. Toujours selon ce Rapport, «Le secteur primaire se porterait mieux avec une contribution à la croissance de 1,9 point en 2017, suivi du secteur tertiaire avec 1,7 point, et en dernière position, le secteur secondaire avec 0,9 point» «Ainsi, la projection 2017 de la contribution au PIB des branches non marchandes, sera de -0,9 point, contre 0,8 point pour la TVA, et 0,7 point pour les droits de douane».

Projet «suspendus»

Toutefois, Lomé n’entend visiblement pas renoncer à ses projets d’investissements. Et des projets restées en chantier, ou au stade de lancement, les exemples ne manquent pas. Le 28 décembre 2016, lors du vote du budget 2017, le ministre de l’économie et des finances, d’énumérer une kyrielle de projets, suspendus et/ou annulés. Le plus emblématique de ces projets, est celui de réalisation du barrage d’Adjarala, projet commun au Togo et au Bénin, et développé sur le fleuve Mono, dans le but de faire face au déficit énergétique des deux pays. En rappel, les travaux, estimés entre 275 et 300 milliards de FCFA, et confiés au chinois «SinohydroAfrica», devaient être financés par les deux parties, et. Exim Bank of China, avait déjà accordé au Bénin, en novembre 2016, un prêt concessionnel de près de 150 milliards, pour le financement partiel des travaux. Un financement qui venait s’ajouter aux 36 milliards obtenus à la mi-2016, par le Chef de l’État togolais, lors d’un voyage en Chine. On cite également, entre autres projets annoncés, suspendus et/ou annulés, le «projet BID3», pour la construction des infrastructures scolaires, le projet d’aménagement de 1.000 ha de périmètres agro-sylvo pastoraux et halieutiques, le projet PURISE, destiné à la réhabilitation des infrastructures et des services électriques, financé par la Banque mondiale. Des projets pourtant essentiels, au développement socio-économique, et à la croissance du PIB. Signe que la situation est bien sérieuse, et que les mois à venir, risquent d’être serrés pour tout le monde, Etat comme populations.

Cogetra
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