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Dettes souveraines : Le Mali ouvre le bal du moratoire du Club de Paris

Sur 41 pays africains, seul le Mali a finalisé le processus avec le Club de Paris après la décision du G20 de suspendre cette année le service de la dette.

C’est un processus long et chronophage, et tous les pays le savent bien. Après le Népal, la Dominique et la Grenade, c’est au tour du Mali de signer le moratoire avec le Club de Paris, après la décision du G20 de suspendre cette année le service de la dette, devenant ainsi le premier pays africain parmi les 41 éligibles. C’est le ministère français des Finances qui a confirmé l’information ce mardi 19 mai. « Nous avons d’ores et déjà quatre pays qui ont signé le moratoire avec le Club de Paris », a indiqué une source du ministère. Pour expliquer ce léger retard, certains évoquent la volonté des pays de discuter avec les agences de notation en aval afin de s’assurer qu’il n’y a pas d’impact sur leur note. Des experts et économistes craignent notamment que ce moratoire d’un an, annoncé le 15 avril et auquel le G20 a appelé les créanciers privés à participer, ne ferme l’accès au marché de la dette de ces pays ou ne pousse les agences de notation à dégrader la note de leur endettement.

Première réponse face à l’urgence économique

La même source citée par l’AFP a précisé que 20 autres pays se trouvaient actuellement dans une phase de « finalisation des documents » pour signer à leur tour un accord avec le Club de Paris. Selon une source proche du dossier, le Pakistan, l’Éthiopie, la République démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville, le Cameroun et la Mauritanie sont sur le point d’obtenir également un moratoire.

Au total, 77 pays sont éligibles à ce moratoire, accordé en raison de la crise du coronavirus. « Nous nous attendons à ce que quelques dizaines de pays supplémentaires nous adressent leur demande dans les prochains jours », a ajouté la source française, rappelant toutefois que ce moratoire était « une suspension temporaire » et que « l’argent avait vocation à être remboursé ultérieurement ».

« Les sommes non payées en 2020 seront remboursées en trois ans sur 2022, 2023 et 2024, après une année blanche en 2021 », a expliqué la même source, soulignant que 41 des 49 pays d’Afrique subsaharienne étaient éligibles à ce moratoire. Au total, pour l’ensemble de ces 41 pays africains, les maturités qui arrivent à échéance cette année s’élèvent à 19 milliards de dollars, soit pratiquement la moitié du total de 36 milliards pour l’ensemble des 77 pays éligibles.

Pour le Mali, ce report de paiement permettra d’économiser un montant évalué à 23 milliards de francs CFA, dont le paiement sera échelonné sur quatre ans à partir de la fin de la suspension du service de la dette. Si tous les autres créanciers bilatéraux du Mali adhéraient à l’initiative, le montant total du report de paiement serait de 33,2 milliards de francs CFA.

Quelle suite ?

À la mi-avril, les 22 créanciers du Club de Paris et les créanciers émergents, dont des pays comme la Chine, l’Inde, l’Arabie saoudite, la Turquie ou l’Afrique du Sud, se sont ainsi mis d’accord pour suspendre des paiements sur le service de la dette au profit des pays les plus pauvres. Le G20 estime que la suspension du paiement de la dette permet de dégager 20 milliards de dollars au total que ces pays peuvent consacrer à combattre l’impact de la pandémie de Covid-19.

Le Club de Paris, fondé en 1956, est un « groupe informel » de pays dits « industrialisés », parmi lesquels la France, les États-Unis, l’Allemagne, le Japon ou encore la Suisse. Cette institution multilatérale a pour objectif de permettre « aux créanciers de recouvrer leurs créances en arriérés et de trouver une solution efficace et rapide aux crises de la dette souveraine ».

Cogetra
Source
Le Point Afrique
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