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Des consolidations supplémentaires attendues dans le secteur bancaire subsaharien dans les deux prochaines années

La vague de consolidations et de regroupements, qui anime le secteur bancaire des pays d’Afrique subsaharienne devrait se poursuivre au cours des deux prochaines années, apprend-on d’une note d’analyse produite le 4 juillet, par l’agence américaine de notation Moody’s.

 « Le nombre de petites banques peu efficientes est en baisse, alors que les plus grandes sont en croissance constante, générant des banques avec des profils de crédit plus solides. Nous nous attendons à ce que cette tendance se poursuive.», peut-on lire dans le document, dont Agence Ecofin a obtenu une copie.

Plusieurs facteurs déjà existants continueront de soutenir cette tendance au regroupement des actifs dans le secteur bancaire de cette région. Bien que les choses semblent en nette amélioration, les croissances économiques des pays comme l’Angola, le Nigeria, ou l’Afrique du Sud, sont quasi stagnantes. Une situation qui limite les possibilités de croissance par l’activité, pour les banques.

Dans le même temps, on assiste à des transformations réglementaires, dans presque tous les pays et sous-régions d’Afrique subsaharienne. Il est désormais exigé aux banques plus de fonds propres. Or avec la complexité et la compétition que connaissent les marchés où évoluent ces banques, la piste des consolidations se présente très souvent comme étant la plus logique et pragmatique.

Le Ghana est l’un des pays où l’on a assisté à cette accélération de consolidations dans le secteur bancaire. De 34 banques précédemment, le pays au 4 janvier 2019, ne comptait plus que 23 banques. Le Kenya, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Nigeria ont aussi été marqués par des actualités de fusion bancaire. De telles perspectives sont aussi attendues dans la zone UEMOA, où a débuté le processus de mise en œuvre des règles de Bâle II/Bâle III et qui progressivement seront plus strictes en termes de fonds propres.

La question de l’option des fusions fait débat pour ce qui est des banques de l’UEMOA. La firme d’analyse et de réflexion stratégique Finactu, a dans un rapport publié début janvier 2019, expliqué que le gap de fonds propres à mobiliser, approchait les 1 000 milliards FCFA. Un objectif difficile à atteindre selon ses experts. Reste donc l’option des fusions-acquisitions, qui semble mal passer dans un environnement financier encore peu mature.

Moody’s estime pour sa part, que ces fusions ne seront que positives pour les banques qui s’y emploient. « La consolidation accroît les économies d’échelle et améliore la stabilité des revenus grâce à la diversification géographique et des produits. Elle réduit également le nombre de très petites banques, fondamentalement faibles, ce qui rend les profils de crédit agrégés des systèmes bancaires africains plus résilients aux défis de l’environnement opérationnel.», peut-on lire dans son analyse.

Idriss Linge

Cogetra
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