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Contentieux maritime Togo-Ghana : Les ressources maritimes au cœur des enjeux

Une réunion de concertation s’est tenue les 29 et 30 avril derniers à Lomé, entre togolais et ghanéens, sur de la question de la démarcation de la frontière maritime, entre les deux pays.

Cette rencontre est le dernier épisode d’une querelle territoriale entre les deux voisins, vieille de plusieurs décennies, et causée par une imprécision sur la délimitation de la frontière maritime héritée de l’époque coloniale.

Notons qu’il y a quelques mois, les tensions ont été ravivées, avec des mouvements de marine de chaque côté. En cause, notamment, le bloc pétrolier ultra profond de Keta Est, situé entre les deux pays du golfe de Guinée.

Au sortir de cette rencontre de Lomé, les deux parties ont échangé, mais sans attaquer encore le fond de la question.

« A ce jour peu de progrès ont été réalisés parce que nous n’avons pas encore abordé la substance, la quintessence de la problématique des frontières maritimes. », indique à cet effet Stanislas Baba (photo), président du Haut Conseil pour la Mer et membre de l’équipe de négociation togolaise.

« Il est donc temps que nous abordions le fond même des négociations », conclut-il.

Pour rappel, plusieurs sessions de négociation, infructueuses, se sont tenues l’année dernière (aux mois de juin, octobre et décembre). Les deux parties affirment, néanmoins, vouloir résoudre ce contentieux maritime en accord avec le droit maritime international.

Et faute d’avancées dans les séries de discussions actuelles, le Togo et le Ghana pourraient s’engager dans une bataille judiciaire au sujet de l’exploration pétrolière dans le bloc ultra-profond de Keta Est. C’est ce que craint le Comité de l’intérêt public et de la responsabilité (PIAC), l’un des régulateurs ghanéens du secteur pétrolier.

L’organe l’a fait savoir dans son rapport annuel pour l’année 2018.

Dans les faits, il y a quelques mois, le gouvernement ghanéen a attribué un bloc d’exploration dans la région, à une coentreprise composée de Blue Star Exploration, la société publique du pétrole du Ghana (GNPC), et Heritage E & P. Une opération que contestent les autorités togolaises qui avancent que la frontière maritime couvrant la concession pétrolière octroyéee est un territoire togolais.

Selon le rapport du PIAC, les compagnies exploratrices seraient même souvent intimidées par les gardes côtes togolais à chaque tentative d’exécution de leurs cahiers de charges. Par ailleurs, le document exhorte Accra à trouver une solution. « Le PIAC a noté les revendications défavorables des autorités togolaises concernant sa frontière maritime avec le Ghana, notamment sur le bloc ultra-profond Keta Est et exhorte le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour délimiter la frontière maritime du Ghana avec le Togo et résoudre le différend qui n’est encore qu’à un stade précoce », explique le rapport.

Le Ghana est sorti, en septembre dernier, de huit ans de dispute maritime aves la Côte d’Ivoire, concernant un vaste périmètre pétrolier situé à la frontière maritime qui chevauche les deux pays. Finalement, le tribunal international du droit de la mer a prononcé un verdict favorable au Ghana. Des travaux de forage sont d’ailleurs prévus pour y démarrer avant la fin de cette année.

Cogetra
Source
TogoFirstAgence Ecofin
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