Economie

BRVM : La capitalisation boursière est repassée en dessous des 4 000 milliards FCFA

La valeur globale des actions cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) d’Abidjan est passée en dessous des 4000 milliards FCFA, le 7 avril 2020, et s’y est maintenue lors de la séance de cotation du jour suivant atteignant les 3992,6 milliards FCFA. C’est un niveau historiquement bas qui n’a pas été vu sur ce marché financier depuis le mi-2012.

A titre de comparaison, la valeur globale des actifs du secteur des banques et des établissements financiers était de 42 363 milliards FCFA, un montant près de 3 fois supérieur à celui de fin 2011, selon des données collectées par l’Agence Ecofin. Cela représentait aussi plus de 10 fois la capitalisation actuelle de la BRVM. Ce ratio peut être revu à la hausse avec les données du secteur pour l’année 2019.

Cette contreperformance de la BRVM a débuté depuis trois ans, et était présentée par des analystes comme une correction du marché. L’hypothèse défendue était que des investisseurs dont les placements avaient connu trois ans de hausse après le retour à la normale de la situation politique de plusieurs pays de la région, essayent de valider leurs plus-values.

Cette explication qui repose sur la psychologie du marché ne semble pas résister à la critique. Avant l’arrivée du covid-19, l’UEMOA était présentée comme une région dans laquelle on retrouvait au moins deux des meilleures perspectives de croissance en Afrique, à savoir : la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Il est cependant difficile de penser que la seule conjoncture liée au covid-19 ait pu précipiter les choses.

Des échanges avec certains investisseurs actifs sur la Bourse d’Abidjan ont permis de comprendre que l’éducation boursière a réussi sur ce marché. L’enthousiasme d’être investisseur n’est plus le sentiment qui guide les acteurs du marché. Abandonnés par les sociétés de gestion de bourse, mais soutenus par des « coachs », les petits investisseurs disposent désormais de plus en plus d’outils pour prendre des décisions pertinentes de placement.

Ce niveau de valeur boursière représente une perte pour des investisseurs institutionnels de long terme comme les caisses de prévoyance qui voient les plus-values générées par leurs actions s’effriter. Une opportunité se présente cependant pour de nouveaux investisseurs. Le rendement global du marché est désormais à 11,5%. C’est un niveau de rémunération qui est près de deux fois plus élevé que les intérêts payés sur les obligations émises par les Etats de l’UEMOA.

Tout dépendra de la manière dont ces investisseurs anticipent sur les performances des sociétés cotées. Certaines entreprises appartiennent au secteur bancaire, or dans ce domaine, les performances financières sont mitigées. Les solides hausses de résultat net cachent parfois des faiblesses au niveau de l’activité réelle. D’autres entreprises pratiquent une distribution généreuse de dividendes, mais cela les fragilise lors des crises profondes.

Cogetra
Source
Agence Ecofin
Afficher plus

Articles similaires

Fermer