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Barrage de la renaissance : Offensive diplomatique égyptienne

La tension monte entre Le Caire et Addis-Abeba au sujet du barrage de la Renaissance construit sur le Nil Bleu qui fournit près de 90% des eaux du Nil parvenant à l’Égypte. Pourtant les États-Unis avaient entamé une médiation.

L’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie avaient tenu une série de rencontres sous le patronage américain. Mais la dernière réunion qui se tenait à Washington les 27 et 28 février a été boycottée par Addis-Abeba. Une réunion où les trois pays riverains du Nil Bleu, l’Éthiopie, le Soudan et l’Égypte devaient signer un accord préparé par la diplomatie américaine et les experts de la Banque Mondiale. Un accord qui définit la vitesse de remplissage du barrage pour ne pas provoquer de baisse substantielle du niveau du fleuve et qui prend aussi en considération les périodes de sécheresse et autres imprévus. L’Éthiopie a indiqué qu’elle commencerait le remplissage du barrage au rythme qui lui convient dès le mois de juin même en l’absence d’accord.

Offensive diplomatique égyptienne

Une conversation téléphonique entre le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et l’Américain Donald Trump a bien eu lieu. L’Égyptien a souligné que l’autorité personnelle de l’Américain avait été bafouée par l’Éthiopie. Washington a publié un communiqué rappelant qu’un accord devait être signé avant le remplissage du barrage. Devant le rejet éthiopien, l’Égypte a recouru aux Frères arabes lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères au Caire. Leur soutien a été unanime sauf pour le Soudan qui a émis des réserves sur la condamnation de l’Éthiopie. La position du Soudan, moins affecté que l’Égypte, a toujours été versatile dans cette affaire.

Vers une escalade des tensions ?

Dans les années soixante-dix, quand le projet de barrage avait été évoqué pour la première fois, le président égyptien Sadate avait déclaré que priver l’Égypte d’eau serait un «casus belli». Une politique suivie par son successeur Moubarak. Mais quand ce dernier a été destitué en 2011 et que l’Égypte a fait face à des désordres politiques, l’Éthiopie en a profité pour lancer le début des travaux du barrage de la Renaissance. Des menaces de guerre ont bien été publiquement proférées du temps du président Frère musulman Mohamed Morsi, mais elles n’ont pas été prises au sérieux par Addis-Abeba. Une menace que le président Sissi refuse de faire, pour le moment!

Cogetra
Source
RFI Afrique
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