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Afrique du Sud : Zuma nie être corrompu et crie à la “conspiration”

L’ancien président sud-africain Jacob Zuma a farouchement rejeté lundi devant une commission d’enquête toutes les accusations de corruption qui le visent en criant à la “calomnie” et à une mystérieuse “conspiration” pour l’éliminer.

Englué dans les scandales, M. Zuma a été poussé à la démission en février 2018 et remplacé par le nouveau patron de l’ANC, Cyril Ramaphosa, qui a promis depuis de tourner la page calamiteuse de la corruption.

L’ancien chef de l’Etat, 77 ans, est soupçonné d’avoir généralisé le pillage des ressources de l’Etat, notamment en favorisant illégalement les affaires d’une sulfureuse famille d’hommes d’affaires dont il est proche, les Gupta.

Depuis un an, la commission anticorruption, présidée par le vice-président de la Cour constitutionnelle Raymond Zondo, a entendu des dizaines de ministres, élus, hommes d’affaires ou hauts fonctionnaires qui ont déballé au grand jour le linge sale de l’ère Zuma (2009-2018).

L’actuel ministre des Entreprises publiques Pravin Gordhan y a ainsi accusé l’ex-président d’avoir “autorisé un climat d’impunité permettant la corruption” et la “capture de l’Etat” par des intérêts privés.

  1. Gordhan a chiffré à 100 milliards de rands (6 milliards d’euros) le montant des fonds publics détournés ces dernières années.

L’ancien chef de l’Etat a traité lundi toutes ces accusations par le mépris. “Quelqu’un qui a témoigné avant moi ici a dit que Zuma avait vendu le pays aux enchères. C’est un mensonge !”

L’ancien président s’est aussi longuement expliqué sur ses relations avec les Gupta.

“Je n’ai jamais rien fait d’illégal avec eux, ils étaient juste des amis”, a-t-il assuré en rappelant que les frères Gupta étaient aussi liés à ses prédécesseurs Nelson Mandela et Thabo Mbeki.

Il y a quelques mois, un ancien ministre, Mcebisi Jonas, a raconté devant la commission comment les frères Gupta étaient venus lui proposer en 2015 le maroquin des Finances en échange de son aide pour obtenir des contrats et d’un pot-de-vin de 600 millions de rands (près de 40 millions d’euros).

Selon M. Jonas, Ajay Gupta lui a alors affirmé sans détour: “Vous devez comprendre que nous contrôlons tout (…) et que le vieux (Zuma) fera tout ce que nous lui dirons de faire”.

Malgré toutes les accusations dont il fait l’objet, l’ancien président n’a toujours pas été formellement inculpé.

Il n’est pour l’heure poursuivi par la justice de son pays que dans une seule affaire de pots-de-vin versés en marge d’un contrat d’armement signé… il y a vingt ans.

Cogetra
Source
AFP
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